Avortement au N.-B.: Scheer refuse de se mouiller

Andrew Scheer refuse de dire si, à son avis, le Nouveau-Brunswick respecte la Loi canadienne sur la santé en payant seulement pour les avortements qui sont pratiqués dans les hôpitaux.

Le chef du Parti conservateur du Canada a accusé son adversaire libéral de faire de la politique avec la question de l’avortement, vendredi, lors de son passage dans la circonscription de Fredericton.

Selon M. Scheer, Justin Trudeau a seulement commencé à se préoccuper de l’avortement au Nouveau-Brunswick durant la campagne électorale même si la politique provinciale en la matière date de plusieurs années.

«Je ferai remarquer que rien n’a changé dans la province du Nouveau-Brunswick en ce qui concerne cette politique par rapport au gouvernement libéral provincial précédent, et ce n’est qu’au cours de cette campagne électorale et avec un gouvernement progressiste-conservateur au niveau provincial que Justin Trudeau essaie de faire de cette question un enjeu», a déclaré Andrew Scheer

«Il est très clair qu’il essaie de faire de la politique avec cette question.»

Justin Trudeau a promis cette semaine d’utiliser tous les outils à sa disposition, y compris la Loi canadienne sur la santé, si son gouvernement est réélu, pour obliger le Nouveau-Brunswick à financer les avortements qui sont pratiqués en clinique à l’extérieur des hôpitaux.

Interrogé à deux reprises sur ce sujet durant sa conférence de presse, Andrew Scheer n’a pas voulu dire si le gouvernement du Nouveau-Brunswick enfreint la Loi canadienne sur la santé en refusant de financer les avortements en milieu non hospitalier.

«Nous allons toujours appuyer la Loi canadienne sur la santé et nous allons augmenter les investissements pour les services de santé de 3% par année au minimum. C’est ça notre engagement pour les Canadiens et les Canadiennes», s’est contenté de répondre le chef du Parti conservateur.

La question de l’accès à l’interruption volontaire de la grossesse au Nouveau-Brunswick a fait beaucoup de bruit dans la campagne électorale fédérale en raison de la possible fermeture de la seule clinique indépendante d’avortement de la province.

Aux prises avec de sérieux problèmes financiers, la Clinique 554 de Fredericton a annoncé la semaine dernière qu’elle n’aurait d’autres choix que de fermer ses portes d’ici à la fin de l’année sans aide financière de la province.

Le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs refuse de changer la politique en matière d’avortement dont il a hérité du précédent gouvernement libéral qui restreint les avortements financés par l’Assurance-maladie à l’hôpital de Bathurst et aux hôpitaux de Moncton.

Afin de faire respecter la Loi canadienne sur la santé, Ottawa pourrait notamment retenir l’argent des transferts fédéraux en santé destinés au Nouveau-Brunswick.

En juillet, la ministre fédérale de la Santé, la députée néo-brunswickoise Ginette Petitpas Taylor, a avait envoyé une lettre à la province demandant au gouvernement Higgs de modifier sa politique en matière de financement de l’avortement.