Le difficile combat de Maisonnette contre les changements climatiques

Comme ailleurs au Nouveau-Brunswick, au Canada et sur la planète, le Village de Maisonnette est préoccupé par les effets des changements climatiques. La municipalité de la Péninsule acadienne prépare son plan d’action.

Les démarches ont commencé en 2015. Un comité citoyen a été mandaté d’émettre des recommandations en s’appuyant sur une collaboration avec l’ancien Institut de recherche sur les zones côtières de Shippagan (l’actuel Valorès) et d’autres partenaires.

Quatre ans plus tard, la municipalité est rendue à l’étape de la consultation. La population est notamment invitée à remplir un sondage sur internet ou à se rendre à l’édifice municipal.

Maisonnette est particulièrement à risque des conséquences des changements climatiques. La municipalité se trouve sur une presqu’île et avec la montée du niveau de la mer, les risques d’inondations sont très importants. L’érosion est également un enjeu préoccupant.

«Le village est bas, au niveau de la mer, et il y a peu d’options pour sortir du village. Ce sont des choses importantes à tenir en considération. Par exemple, s’il y a jamais des travaux majeurs de réfection de la route, il faudra s’assurer qu’elle soit surélevée pour être au-dessus du niveau potentiel d’inondation», explique Viviane Baldwin, mairesse de Maisonnette.

Avec une population de quelque 500 habitants, Maisonnette ne compte pas énormément de sources de revenus pour mettre en œuvre des projets.

«Le financement est toujours un défi. Par exemple, il y a une recommandation pour refaire la passerelle sur la dune, mais comme la plupart des résidents le savent, elle est détruite presque chaque année et il faut continuellement faire des réparations.»

Heureusement, certaines initiatives ne demandent pas des investissements majeurs. Par exemple, la municipalité peut interdire la construction de nouvelles demeures dans des zones à risque.

Le chemin des Chalets

Le chemin des Chalets n’est pas nécessairement l’endroit le plus touché par l’érosion à Maisonnette – cette distinction appartient à la dune – mais les effets sont parmi les plus visibles.

Une soixantaine de résidents saisonniers habitent dans ce secteur et leur apport économique à la région est non négligeable, reconnaît Viviane Baldwin.

C’est pour cette raison que le conseil municipal a approuvé un plan pour investir 10 000$ par année pendant au moins 10 ans en 2014. Chaque printemps, des employés municipaux élargissent ce chemin privé en ajoutant du grès (sandstone) le long des caps.

«Le dernier conseil municipal a pris cet engagement et le conseil actuel continue à respecter l’engagement. Souvent les coûts dépassent même 10 000$, mais d’autres années, ç’a coûté un peu moins. Le chemin est privé, alors légalement, ce n’est pas nécessairement notre responsabilité d’en faire l’entretien, mais on le fait parce que ça amène des touristes et des résidents saisonniers dans le village.»

Parfois, un seul élargissement par année ne suffit pas. Une seule tempête, comme Dorian au début septembre, peut créer d’importants dégâts sur la route au point où elle n’est plus praticable. Une pancarte à l’entrée du chemin émet un avertissement clair: Circulez à vos propres risques.

Le conseil municipal a demandé au gouvernement provincial une aide d’urgence pour effectuer les réparations nécessaires, mais pour le moment, il attend toujours des réponses.

«Il n’y aura pas de réparation cet automne à moins de nous accorder un fonds d’urgence.»