4 ans de prison pour la femme qui a tiré sur des premiers répondants à Dieppe

Morgan Connors a comparu lundi en Cour provinciale, afin de connaître sa peine pour avoir tiré sur des premiers secours en janvier à Dieppe. Elle écope de quatre ans de prison au total.

Quelques semaines plus tôt, la jeune femme originaire de Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, avait plaidé volontairement coupable de 7 des 13 chefs d’accusation qui pesaient contre elle, parmi lesquels menace de mort, braquage et décharge d’arme à feu (pistolet airsoft), détention d’arme prohibée (poing américain), conduite dangereuse, et enfin possession illégale de cannabis dans l’optique de le revendre.

Ce dernier chef d’accusation avait fait l’objet d’une audience le 7 octobre, les affaires de possession de cannabis nécessitant les services d’un procureur fédéral.

La juge Lucie Mathurin a rendu sa sentence lundi, après avoir écouté les arguments des différentes parties. Après avoir été autorisée à prendre la parole, l’accusée a simplement déclaré être «vraiment désolée» d’avoir agi de la sorte.

Morgan Connors écope finalement d’une peine de quatre ans de prison, assortie de dix ans d’interdiction de port d’armes à feu et de trois ans d’interdiction de conduire qui prendront effet à sa sortie de prison.

Une période de 14 mois et demi a été déduite de sa peine, à cause du temps déjà passé en détention provisoire. Elle restera donc 2 ans et 9 mois derrière les barreaux.

Rappel des faits

Le 5 janvier, Morgan Maryanne Connors a été arrêtée sur le boulevard Adélard-Savoie, près de l’Aéroport international Roméo-Leblanc à Dieppe.

Après avoir accidenté son véhicule suite à une sortie de route, la jeune femme âgée de 25 ans a alors tiré au pistolet airsoft sur premiers aidants médicaux venus l’aider. Ces derniers avaient dans la foulée informé la GRC Codiac qu’une femme avait tiré en leur direction.

Dès l’arrivée des agents de la GRC sur les lieux, Morgan Connors a alors proféré des menaces de mort à l’encontre des policiers. Elle a ensuite pointé son arme vers le gendarme Pierre-Alexandre Roy, avant de faire feu en direction du caporal Stéphane Paré-Lemire.

L’un des policiers a ensuite tiré un coup de feu en direction de l’accusée et l’a blessée, mais la gravité de ses blessures n’a pas été spécifiée. La Néo-Écossaise était depuis gardée en détention provisoire.

«Une peine insuffisante»

Venue témoigner ce lundi, Bethany Hunt, l’une des intervenantes arrivées en premier sur les lieux de l’accident, ne cachait pas sa déception au sortir de la salle d’audience.

«Quatre ans, ce n’est vraiment pas assez, surtout lorsqu’on considère qu’elle a déjà purgé plusieurs mois en détention provisoire, déplore la travailleuse paramédicale. Il est impensable que l’on puisse tirer sur des personnes qui viennent simplement faire leur travail en aidant d’autres gens à rester en vie.»

N’ayant pas subi de blessures physiques, la première aidante dit toutefois en garder un grand traumatisme moral.

«Elle n’a pas idée de l’impact que cela a eu sur ma vie, souligne Bethany Hunt. Chaque fois que je me rends sur le lieu d’un accident, je me demande toujours si la personne aura une arme à feu. J’adore mon job, mais désormais, je dois vivre avec cette crainte.»