Véloroute de la Péninsule acadienne: l’aboutissement d’un rêve

Si ça ne tenait que de lui, Armand Caron aurait passé la journée de jeudi sur son vélo et aurait roulé chacun des 80 kilomètres maintenant asphaltés de voies hors route de la Véloroute de la Péninsule acadienne.

Le président fondateur et actuel conseiller des Amis de la Véloroute de la Péninsule acadienne est fébrile. Depuis mercredi, les quatre villes de la région sont reliées par une voie asphaltée. La première étape de ce grand rêve un peu farfelu, qui a débuté en 2009, est maintenant réalisée.

Seule une section près d’Inkerman Ferry n’a pas été recouverte, en raison du pont qui a été incendié en 2017.

«J’ai roulé de Shippagan jusqu’à Caraquet, mercredi. C’était superbe. C’est l’aboutissement d’un rêve. C’était fameux, surtout avec les couleurs d’automne», affirme ce grand amateur de vélo.

Au départ, ce projet de doter la région d’une infrastructure pour le cyclotourisme a été emprunté du succès de la Véloroute des Bleuets, au Lac-Saint-Jean. Depuis, il aura fallu attendre longtemps – et investir plus de 5,5 millions $ – pour voir enfin le bout du tunnel. Ou de la piste, si vous préférez.

Les piliers de sa base sont la santé et le mieux-être de la population locale, le transport actif dans le respect de l’environnement et le développement économique à travers le cyclotourisme.

Au début de la semaine, des ouvriers ont complété la section reliant Shippagan et Lamèque au reste de la région. En même temps, d’autres travailleurs mettaient la dernière touche dans la portion de Tracadie jusqu’à Inkerman. Avec les voies cyclables sur route et d’autres sections non encore recouvertes de bitume, on parle d’un circuit total de plus de 350 km.

«Nous devenons un modèle, croit M. Caron. Depuis 2018, nous sommes considérés comme un sentier prestige par le ministre du Tourisme, de la Culture et du Patrimoine. Il n’y en a pas beaucoup d’autres comme ça dans la province. Cette étiquette est véhiculée non seulement ici, mais partout à l’extérieur du Nouveau-Brunswick. Nous sommes convaincus que ça va connaître beaucoup de succès.»

Les retombées se font d’ailleurs déjà sentir. La direction de la Véloroute de la Péninsule acadienne a confirmé deux autobus de cyclistes provenant du Québec dès l’an prochain. Et d’autres confirmations sont à venir.

«Nous éprouvons beaucoup de satisfaction et d’émotion cette semaine. Nous avons atteint un premier résultat. Oui, on s’inspire beaucoup de ce qui s’est fait au Lac-Saint-Jean. Ils sont d’ailleurs venus voir notre région en 2007 et ils nous ont affirmé que nous avons un énorme potentiel avec la mer et nos infrastructures touristiques. Quand j’ai roulé sur la piste mercredi, je me suis rendu compte que le Lac-Saint-Jean avait raison», confie M. Caron.

Le président fondateur a tenu à rendre hommage à plusieurs artisans de la première heure, dont Ernest Ferguson, Roland Besnier et l’actuel directeur général Serge Dugas. Il a également souligné l’apport du comité organisateur du Congrès mondial acadien de 2009, qui a remis l’ensemble de ses profits – plus de 350 000$ – à la Véloroute.

«Ces personnes ont semé les premières graines dans les années 1980. Un tel projet demande des visionnaires, des gens qui y croient. Des investissements de plus de 5 millions $ dans la région, vous ne voyez pas ça tous les jours. Nous avions déjà eu une piste cyclable sur l’ancienne voie ferrée, mais elle s’est rapidement détériorée et le vélo récréatif hors route est tombé. Aujourd’hui, nous assistons à une nouvelle lancée très prometteuse», indique-t-il.

Maintenant que la première étape est terminée, il faut passer à la suivante. La Véloroute de la Péninsule acadienne prévoit ajouter des aires de services, des stations de repos et possiblement du transport organisé, comme cela se fait au Lac-Saint-Jean. M. Caron aimerait bien le début des réalisations dès 2020.