Acheter une maison à Moncton, toute une paire de manches!

Les gens à la recherche d’une propriété dans le Grand Moncton vivent une véritable course contre la montre. Le paysage immobilier n’est plus un marché d’acheteurs comme il l’a longtemps été. Trouver une demeure bien entretenue pour moins de 200 000$ est devenu une tâche ardue.

Les maisons inscrites au registre immobilier du Grand Moncton n’y font pas long feu. Les acheteurs sont pressés de faire une offre d’achat sur la perle rare afin d’éviter qu’un autre acheteur s’en empare.

«Faut pas que tu niaises trop. Quand tu trouves la bonne maison, il y a d’autres acheteurs qui cherchent aussi», lance Parise Cormier, présidente de l’Association des agents immobiliers du Grand Moncton.

Les propriétés en bon état dont le prix se situe en deçà de 200 000$ partent en un éclair, ajoute-t-elle.

«Il y a des maisons qui se vendent en trois ou quatre jours.»

Les ventes de maison pour septembre sont toutefois similaires à celles de l’an dernier, à la même période.

Les maisons à vendre sont plus rares qu’avant dans le Grand Moncton et les acheteurs sont plus nombreux.

Quelque 4676 maisons ont été mises en vente en 2017, contre 4400 en 2018.

Cette année, en date du début octobre, il y en a eu 4360 sur le marché.

En parallèle, le nombre d’acheteurs a augmenté de 12%.

Les taux d’intérêt sur les hypothèques sont d’ailleurs avantageux.

Nicole LeBlanc, agente immobilière chez Exit Realty Associate, a elle aussi remarqué que les maisons partent comme des petits pains chauds.

«Les acheteurs vont faire une offre beaucoup plus rapidement, parce que la minute qu’on appelle pour voir une maison, elle est vendue aussi vite qu’elle est visitée», explique-t-elle.

Mélissa Doucet, agente immobilière chez Exit Realty Associates, est fascinée par le nombre d’offres multiples sur les maisons qui sont dans la mire de ses clients. Un jour, elle a vu quatre offres d’achat sur une même propriété.

«Ce n’est définitivement plus un marché d’acheteurs à Moncton», dit-elle.

Le gros bout du bâton

Dans un marché équilibré, le ratio des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions est situé entre 50% et 60%. Au-delà de 65%, le marché est beaucoup plus favorable aux vendeurs propriétaires.

À Moncton, cette proportion a atteint 81% en septembre.

«La courbe du marché immobilier à Moncton prend du temps à faire un gros changement, d’aller d’un marché de vendeur à un marché d’acheteur», précise Mélissa Doucet qui estime que ce revirement de situation s’est enclenché dans la dernière année.

Malgré tout, André Malenfant, gérant chez Exit Realty Associates, n’est pas encore prêts à qualifier Moncton de marché de vendeurs.

«Ça fait un certain temps que je dis à mes agents de ne pas dire ça à leurs clients», remarque-t-il.

Si tous les chiffres démontrent que le Grand Moncton est entré dans un marché de vendeurs, il manquait, jusqu’à tout récemment, une condition essentielle: une hausse du prix des propriétés.

«C’est ça qui tardait à se produire, mais je peux dire que dans les derniers mois, on voit une augmentation des prix de vente des propriétés», souligne M. Malenfant.

L’augmentation est plutôt minime, mais lorsque le temps vient de négocier, le gros bout du bâton est dans les mains des vendeurs.La

différence peut devenir plus mince entre le prix d’achat d’une maison et son prix d’inscription.

«C’est facile d’avoir 95% de ce qui est demandé pour la maison. C’est très excitant pour les vendeurs présentement», note Mélissa Doucet.

Des explications plausibles

Plusieurs causes peuvent expliquer cette difficulté à trouver une maison à Moncton.

La hausse de l’immigration amènerait un bassin important d’acheteurs potentiels dans la région, selon André Malenfant.

Il y a aussi ces Néo-Brunswickois d’origine partis s’exiler dans l’Ouest canadien ou en Ontario qui seraient de retour au bercail.

Les gens d’autres provinces qui veulent s’établir ici pour repartir à neuf font également partie de l’équation.

«On voit souvent des gens qui déménagent ici juste parce qu’ils veulent avoir une meilleure vie pour leur famille», observe Parise Cormier.