Quelque 1500 employés du secteur public au bord de la grève

Le syndicat qui représente environ 1500 employés du secteur public demande l’arbitrage exécutoire. Les négociations sont au point mort avec le gouvernement provincial.

Un avis émis par la Commission du travail et de l’emploi du N.-B., dont l’Acadie Nouvelle a obtenu copie, stipule que les parties doivent décider si elles veulent soumettre leur différend à l’arbitrage exécutoire d’ici le 29 octobre.

Dans le cas contraire, les employés du syndicat pourraient déclencher une grève, indique Samuel LeBlanc, représentant du Syndicat canadien de la fonction publique.

«À ce point-ci, soit on va en arbitrage exécutoire, et si le gouvernement ne veut pas, on va demander un vote de grève.»

Environ 1500 employés du secteur public sont représentés par la section locale 1190 du SCFP et pourraient aller en grève. Cela aurait des retombées sur différents secteurs, dont la voirie, les parcs provinciaux et la maintenance dans différents ministères.

Le SCFP a déjà déposé une demande d’arbitrage exécutoire à la Commission du travail et de l’emploi.

Lors des négociations, le syndicat avait soumis une liste de demandes, dont une augmentation de salaire de 12% sur quatre ans et un «traitement uniforme» des travailleurs occasionnels, en plus du respect de l’ancienneté pour les postes vacants.

Il propose aussi une augmentation des remboursements aux employés pour leur achat de bottes de sécurité, ainsi qu’une augmentation de l’allocation de l’outillage.

«Aucune de nos recommandations n’a été acceptée, et c’est pour ça qu’on a demandé à la Commission de déclarer une impasse. On n’allait nulle part avec ça», dit le représentant syndical au téléphone.

Dans le camp du gouvernement, les négociations sont menées par le Conseil du trésor. Vicky Deschênes est la directrice des communications.

«Nous gardons espoir que les parties retourneront bientôt à la table des négociations pour obtenir une entente», écrit-elle dans une déclaration envoyée au journal.

Une grève inattendue

Mercredi, alors que les négociations étaient toujours en cours, une cinquantaine d’employés de la buanderie de Saint-Jean ont quitté leur poste de travail et sont sortis de l’édifice.

La buanderie de Saint-Jean, gérée par Service Nouveau-Brunswick, se charge de nettoyer les draps de certains établissements médicaux de la province, dont plusieurs hôpitaux.

Environ 25 employés de la buanderie sont représentés par la section locale 1190 du SCFP.

La grève n’était pas programmée par le SCFP et était illégale, selon Samuel LeBlanc.

Cette situation a duré jusqu’à vendredi. Une décision de la Commission du travail du Nouveau-Brunswick a alors forcé les employés à retourner au travail sous peine d’amende.

L’électricien Larry Bissett assurait la maintenance à la buanderie jusqu’à la semaine dernière. Il affirme que la direction de l’établissement a coupé les liens avec lui. Ses services n’étaient plus requis.

Il s’est trouvé un nouvel emploi au sud de la frontière. Il en a gros sur le coeur contre son ancien employeur.

«La direction ne nous écoute pas. C’est un environnement malsain. Il y a du harcèlement, de l’intimidation. Ils ont tenté de m’intimider et de me faire du chantage pour que je fasse des heures supplémentaire», relate l’homme.

Valerie Kilfoil, directrice des communications pour Service Nouveau-Brunswick, affirme que la buanderie de Saint-Jean a reçu cinq plaintes lors de l’année fiscale 2019-2020.

«Toutes les plaintes ont été révisées en suivant le processus habituel. Nous avons effectué un suivi sur chacune d’elles, mais les suivis ne sont pas tous complétés.»

Elle ajoute que le dépôt d’une plainte ne déclenche pas automatiquement une enquête formelle.