Des plaintes sur le service en français dans des bureaux de vote du N.-B.

Quelques citoyens se sont plaints, lundi, du service en français reçu au moment d’aller voter. Trois plaintes ont été officiellement déposées au Nouveau-Brunswick.

En sortant du bureau de vote situé au croisement de la rue Highfield et de la rue Saint-Georges, René Poirier, un électeur de Moncton, ne cachait pas son mécontentement.

«L’employé à l’entrée m’a accueilli en anglais, déplore le citoyen. Même si j’ai été redirigé vers une personne francophone par la suite, je ne devrais pas à avoir à demander d’être servi en français, de surcroit dans une province et une ville officiellement bilingues.»

Selon le Manuel du directeur du scrutin instauré par la Loi électorale, «le préposé à l’accueil au bureau du DS ou dans les autres bureaux désignés doit toujours être bilingue», et doit utiliser la formule d’accueil bilingue «Hello-Bonjour» («Bonjour-Hello» au Québec).

Une offre active doit en outre «indiquer clairement au public, verbalement et visuellement, que les services sont offerts dans les deux langues officielles», et doit assurer «que la communication continue dans la langue officielle choisie par les membres du public». C’est sur ce dernier point qu’Alexandra McKenna, une électrice de Fredericton, fonde son mécontentement.

«Le préposé à l’accueil m’a effectivement accueilli avec le Hello-Bonjour, mais lorsque j’ai répondu en français, la personne a poursuivi en anglais, et ne m’a pas offert d’aller chercher un travailleur électoral francophone, raconte la femme. Personne n’a fait l’effort de communiquer avec moi dans ma langue, comme la loi l’oblige. J’ai déposé plainte hier (mardi) soir.»

Du côté d’Élection Canada, on explique pourtant avoir mis tout en oeuvre pour offrir le meilleur service bilingue qui soit.

«Nous avons fait tous les efforts possibles pour offrir le service dans les deux langues, même si ça été un vrai défi de recruter du personnel bilingue, affirme Françoise Enguehard, conseillère aux relations médias chez Élection Canada pour la région Atlantique. Certains de nos employés francophones se sont en outre désistés au dernier moment.»

Ron Pommerleau, superviseur du bureau de vote au coin d’Highfield et de Saint-Georges, dans lequel Réné Poirier est allé voter, assurait mardi que le service en français livré était irréprochable.

«Si besoin est, nous redirigeons toutes les personnes vers un employé francophone, explique le superviseur. À toutes les tables de votes, nous nous sommes assurés qu’il y ait au moins l’une des deux personnes qui soit bilingue. Je parle moi-même français.»

Des dires confirmés par Janice Goguen, citoyenne de Moncton venue voter dans ce même bureau de vote.

«Il y a effectivement un francophone à chaque table de vote, précise l’électrice. J’ai reçu un service parfaitement bilingue pour ma part, et le préposé à l’accueil m’a dit ‘Bonjour’ en français. Je crois que certains citoyens s’offusquent pour très peu.»

Trois plaintes officielles

Selon les statistiques révélées par Élections Canada, trois plaintes émanant d’électeurs francophones mécontents ont été officiellement déposées pour la province du Nouveau-Brunswick, et 52 au total pour l’ensemble du Canada.

«Nous prenons très au sérieux les plaintes qui nous sont parvenues, soutient Françoise Enguehard. Toutes ces plaintes seront analysées pour nous efforcer de faire mieux lors du prochain scrutin.»