L’invention de Rik Albert: un guidon contre le mal de dos

De la nécessité naît l’invention. Pour Rik Albert, cette expression prend tout son sens. Après avoir subi plusieurs blessures graves au cours de sa vie, l’homme originaire de Caraquet a mis au point le prototype d’un guidon de vélo adapté aux besoins des gens avec des blessures au dos et avec des problèmes de tunnel carpien.

Rik Albert est originaire de la Péninsule acadienne, mais il habite en Saskatchewan depuis l’adolescence. Maintenant dans la fin cinquantaine, il tente de trouver des investisseurs pour l’aider à faire la mise en marché du Toon Bar.

L’idée de ce guidon surélevé est née il y a une dizaine d’années. Au cours de sa vie, Rik Albert, un amateur de motocyclette, de vélo et de la course à pied a été blessé à plusieurs reprises dans des accidents de la route et des accidents de travail.

Par exemple, à 27 ans, lors d’une balade en motocyclette il a été heurté par un camion lorsqu’il a tenté d’effectuer un dépassement sur l’autoroute. Il a passé les trois prochaines années en physiothérapie pour se rétablir. Il s’agit d’un exemple parmi plusieurs.

En conséquence, une promenade sur un vélo standard pouvait s’avérer un exercice très douloureux.

«Quand je travaillais, je me promenais souvent sur mon bicycle à pédales, mais je n’étais pas capable de me pencher vers l’avant en m’appuyant sur le guidon habituel. J’ai pris un morceau de fer et j’ai fabriqué une poignée. Ça me permettait de faire du bicycle en gardant mon dos droit et mes bras aussi.»

Au départ, il a créé ce produit pour lui-même, mais depuis une dizaine d’années, il constate l’engouement dans les rues de Saskatoon chaque fois qu’il sort son vélo.

«En neuf ans, je dirais qu’environ 1000 personnes m’ont arrêté pour en savoir plus. C’est dommage que je n’ai pas installé une caméra sur le guidon dès le premier jour parce que lorsque je m’approche des gens, leurs yeux s’ouvrent très grand. Souvent, on me regarde comme si je me promenais sur un vélo de la planète Mars. Je leur dis que c’est pour les gens avec des blessures à la colonne vertébrale et avec des problèmes de tunnel carpien.»

L’Acadien d’origine estime qu’il a un bon produit entre ses mains et depuis neuf ans, il tente de trouver des gens pour l’aider à en faire la commercialisation à grande échelle. Il a notamment tenté de passer une audition afin de présenter son produit sur l’émission Dragon’s Den (la version anglophone de Dans l’oeil du dragon), mais sa candidature n’a pas été retenue.

Il aussi tourné une vidéo promotionnelle qu’il a envoyée à l’animatrice américaine Ellen Degeneres. Il espère attirer son attention en misant sur ses racines acadiennes et les racines franco-louisianaises d’Ellen. Il croit qu’une parution sur son émission permettrait de trouver les investisseurs nécessaires pour améliorer son produit et faire la mise en marché.

Depuis qu’il se sert de son guidon modifié, Rik Albert voit les résultats positifs de son invention. Il a pu surtout continuer de pratiquer l’un de ses sports préférés.

«Ça fait partie de ma réhabilitation. Je fais du vélo plutôt que d’aller au gym. Sur un vélo standard, lorsque t’es penché vers l’avant, les poignets et les bras doivent porter tout le poids du corps. Les gens pensent que mes bras se fatiguent en les gardant plus haut, mais ce n’est pas du tout le cas. Ça marche très bien et ma circulation est meilleure.»