Projet éolien à Anse-Bleue: l’opposition se mobilise

L’opposition se mobilise autour du projet d’un parc éolien dans le DSL d’Anse-Bleue, près de Grande-Anse. Des citoyens veulent bloquer la venue de l’entreprise Naveco Power de Fredericton sur leur territoire.

En juillet, l’Acadie Nouvelle dévoilait le projet Chaleur Ventus, évalué à environ 30 millions $ et financé en partie par la Ville de Bathurst qui veut en récupérer l’électricité produite par un groupe de cinq tours. L’énergie serait suffisante à alimenter 9000 résidences, soit l’entièreté de la principale municipalité de la région Chaleur.

Cela fait partie du plan du Nouveau-Brunswick de répondre à 40% de la demande d’électricité provinciale au moyen d’énergies renouvelables d’ici à 2020. Quatre projets ont obtenu le feu vert. Outre Anse-Bleue, dans la Péninsule acadienne, il y a Richibucto (3,8 MW), dans la région de Kent, ainsi que Wocawson (150 MW) et Wisokolamson (18 MW), dans le Sud-Est.

Ce parc serait érigé dans la partie ouest du DSL, non loin de l’intersection avec la route 11 menant à Grande-Anse. Comme Anse-Bleue est un district des services locaux, le promoteur n’a pas besoin de permissions municipales et a pu négocier directement avec les propriétaires des terrains ciblés. Une dizaine de propriétaires de lots auraient d’ailleurs signé un contrat d’accès à leurs terres avec la compagnie.

Les études environnementales des sols, les calculs du vent et l’analyse des routes à construire auraient aussi été complétés.

Au moment du dévoilement en juillet, la présidente du DSL, Ginette Bertin, désirait obtenir une rencontre avec les dirigeants de Naveco Power, chose qui n’est apparemment jamais arrivée.

Les citoyens d’Anse-Bleue ont eu une belle «surprise», lundi, soit une convocation, à moins de 48 heures d’avis, à une assemblée publique au Centre régional K.-C.-Irving de Bathurst, de 16h à 20h, par la firme d’énergie renouvelable.

«Tout le comité de gestion du DSL va être là et on s’attend à ce que plusieurs personnes d’Anse-Bleue soient là aussi. On a des questions à leur poser. On se demande pourquoi Anse-Bleue aura à supporter le bruit alors que Bathurst bénéficiera de l’électricité. Nous ne sommes pas contre les éoliennes, mais on ne les veut pas chez nous. Ça ne va pas en rester là», a indiqué Mme Bertin.

«Nous ne voulons pas d’éoliennes chez nous. C’est laid, c’est horrible. Ça sort tout droit d’un film d’horreur», a commenté Patrick Thériault, qui gère une ferme agricole biologique à moins de deux kilomètres de l’emplacement prévu du parc éolien.

«Ce sont des monstres géants qui seront tout près de chez moi. J’aurai ça dans la face jour et nuit. Je vais être obligé de déménager», craint-il.

Il reproche aux entrepreneurs liés à ce projet d’avoir avisé la population d’Anse-Bleue à la dernière minute. Il aurait voulu organiser rapidement une pétition d’opposition qu’il prévoyait présenter jeudi soir, lors de la rencontre à Bathurst. Il entend organiser une réunion publique dans le courant de la semaine prochaine.

«On a reçu la convocation par courrier mardi. Comment voulez-vous qu’on s’organise avec un si court délai? Et en plus, cette compagnie ne vient même pas chez nous», s’indigne l’homme d’affaires.

«Nous ne sommes pas contre l’énergie verte, loin de là. Nous ne sommes pas des fascistes. Mais nous sommes 300 personnes ici et la majorité ne veut pas de ces éoliennes», ajoute-t-il.

Selon certaines clauses du contrat, Naveco propose divers dédommagements et revenus aux propriétaires de terrains sur lesquels seront assemblées les éoliennes pour une période de 15 ans. On offre notamment jusqu’à 5000$ du mégawatt et diverses autres redevances pour le passage des fils électriques jusqu’au branchement à la station de Bertrand, la construction et l’utilisation de routes, etc.

Actuellement, les 119 éoliennes branchées sur le réseau électrique du Nouveau-Brunswick ne représentent que 7% de la capacité de production d’électricité de la province, contre 28% à l’Île-du-Prince-Édouard.