Vent d’opposition contre les éoliennes à Anse-Bleue

Un fort vent d’opposition souffle contre Naveco Power et son projet de parc éolien à Anse-Bleue. Près de 150 personnes ont déjà dit non à l’installation prochaine de cinq tours sur le territoire du DSL.

La première de deux rencontres organisées par des citoyens a attiré une bonne foule, mercredi soir, au centre communautaire d’Anse-Bleue.

Elle a vivement dénoncé l’initiative d’une valeur de 30 millions $, financée en partie par la Ville de Bathurst, visant à créer un secteur d’une production de 20 mégawatts dans la partie ouest de la communauté côtière située entre Maisonnette et Grande-Anse.

Les participants n’ont pas manqué d’arguments pour motiver Patrick Thériault, l’instigateur de ces réunions, et la présidente du DSL, Ginette Bertin, à poursuivre leurs démarches afin d’empêcher la compagnie de Fredericton de venir planter ses tours de près de 200 mètres dans leur paysage visuel.

Martin Dionne, Patrick Thériault et la président du DSL d’Anse-Bleue, Ginette Bertin. – Acadie Nouvelle: Réal Fradette

À l’entrée, les gens ont d’abord signé une pétition d’opposition. Ensuite, ils ont entendu une présentation succincte du projet Chaleur Ventus. Personne n’a levé la main et n’a pris la parole en faveur de ce concept d’énergie verte.

Ils sont venus d’Anse-Bleue, mais aussi des communautés voisines dont Maisonnette, Caraquet, Grande-Anse ainsi que des DSL de Village-des-Poiriers et de Dugas Office. La mairesse de Maisonnette, Viviane Baldwin, et quelques-uns des conseillers municipaux ont pris la peine de se rendre sur les lieux pour entendre ce que la population avait à dire.

Près de 150 personnes ont assisté à la première de deux rencontres d’information concernant le projet éolien d’Anse-Bleue, mercredi soir. – Acadie Nouvelle: Réal Fradette

Martin Dionne, qui vient tout juste de démarrer une ferme à Anse-Bleue, s’est opposé à la venue de ces grosses marguerites blanches. Il a notamment dénoncé les quelques propriétaires de terrains privés qui ont accepté de signer avec Naveco Power.

«Je ne peux croire qu’une poignée de propriétaires privées d’Anse-Bleue et de Pokeshaw (le lieu d’un autre projet de 20 mégawatts) vont décider du sort de milliers de personnes. Vivre avec des éoliennes dans ma face, ça ne me tente pas du tout», a-t-il signalé sous les applaudissements du public.

Durant cette rencontre de plus de deux heures, les gens ont exprimé leurs craintes concernant la pollution visuelle et auditive de telles tours et de leurs turbines. D’autres soutiennent que le tourisme en souffrira, puisque le Village historique acadien de Bertrand perdrait tout son cachet ancestral avec ces instruments visibles de partout.

Divers intervenants ont également douté de la franchise de Naveco Power et de leur représentant, Daniel Brassard, lors de l’audience publique d’il y a une semaine, à Bathurst.

«Aujourd’hui, c’est Anse-Bleue. Demain, ce sera ailleurs. On se fait organiser chaque fois qu’on parle de ressources dans la Péninsule acadienne. Naveco ne semble pas avoir l’acceptation sociale de la communauté», a noté Nancy Juneau, du regroupement Imaginons la Péninsule acadienne autrement.

«On s’est battu contre la venue d’une centrale nucléaire, contre une usine de traitement de terres contaminées à Belledune, contre la fermeture de l’hôpital de Caraquet. On a gagné chaque fois. On est prêt à livrer une autre bataille. Des éoliennes, on n’en veut pas!», a indiqué la militantiste Louise Blanchard.

Patrick Thériault s’est dit très satisfait de la réponse du public. Il rassemblera les informations recueillies mercredi et jeudi et assurera la formation d’une association pour les énergies renouvelables responsables.

Patrick Thériault, l’instigateur des rencontres concernant le projet de parc éolien à Anse-Bleue. – Acadie Nouvelle: Réal Fradette

«C’est génial. On est nombreux et ça va être efficace», est-il convaincu.

La présidente du DSL d’Anse-Bleue, Ginette Bertin, croit que le message est très clair. Elle a déjà entamé des démarches afin que l’équipe soit conseillée par un avocat dans ce combat contre Naveco Power.

«On dit non aux éoliennes. Ce n’est pas que nous sommes contre les énergies vertes, mais Anse-Bleue est trop petit pour supporter ça», a-t-elle signifié.

La rencontre de jeudi débutera à 19h.