«La retraite, ce n’est pas le renoncement d’une vie»

Selon les prévisions, les personnes âgées de 65 ans et plus représenteront environ 29% de la population du Nouveau-Brunswick en 2030. Interprété autrement, c’est une cohorte importante des gens qui s’apprêtent à prendre leur retraite. Même si plusieurs ont peur de tourner la page, les derniers chapitres de la vie sont encore loin d’avoir été écrits.

Le gérontologue et psychothérapeute Valois Robichaud consacre sa plume aux questions liées au vieillissement depuis plusieurs années. Son 9e livre, La retraite: la rencontre de soi, publié aux Éditions du CRAM, a été lancé à la fin octobre.

Dans cet ouvrage de 168 pages, M. Robichaud explique comment profiter de la vie et du temps offert afin de s’engager dans les activités qui donnent un sens à la vie, surtout dans un contexte où la performance et la productivité prisées dans la vie professionnelle laissent place à l’improvisation dans sa vie personnelle.

«Le retraité c’est quelqu’un qui termine une occupation, il se retire d’un espace professionnel, mais pour l’humain, il n’y a pas de retraite. Pour l’être humain, il y a une maturité inachevée. L’être humain ne se peut retirer de lui même parce qu’il est au cœur d’une vie et d’une communauté.»

«En fait, c’est de restaurer la dignité de la personne. La retraite, c’est de retrouver un moment de sa vie, sa contribution à l’humanité et à la société. On y a droit. Ce n’est pas fermé à personne. La retraite, ce n’est pas le renoncement d’une vie.»

En tant que professionnel de la psychothérapie, Valois Robichaud rencontre régulièrement des patients à la retraite qui sont à la recherche d’un sens à la vie.

«Ils ne savent plus quoi faire. Ils ont le vertige. Ils ont peur d’être insignifiants. Ces gens sont dans le grand âge et ils font face à des vulnérabilités.»

Malgré les changements qu’apporte le vieillissement, une personne n’est pas obligée de s’enfermer dans des stéréotypes, dit M. Robichaud.

«La semaine prochaine, je vais accueillir un étudiant de 93 ans à l’Université du troisième âge à Tracadie. Il vient parce qu’il a toujours le goût d’apprendre et de rencontrer l’autre. Il n’y a rien de pire que l’isolement relationnel. Quand un être humain est coupé d’une relation, il meurt socialement. Il provoque un vieillissement prématuré.»

Dans un sens, les baby-boomers qui prennent leur retraite peuvent s’inspirer des traits qui caractérisent la génération de leurs enfants et de leurs petits-enfants.

«Les milléniaux, ils ne vont pas rester dans quelque chose qu’ils n’aiment pas. Ils font des choix. Ils sont créateurs de leur vie. Pour nous les baby-boomers, il fallait gagner son pain à la sueur de son front. On toughait ça quand on n’aimait pas ça. La génération d’aujourd’hui fait des choix, elle assume. Un retraité, ce n’est pas un aîné. C’est un adulte qui a toujours sa part à offrir à la société.»