Quatre nouveaux cas de légionellose à Moncton

Le docteur Yves Léger se fait rassurant: les quatre nouveaux cas de légionellose répertoriés à Moncton n’auraient pas la même source que celle de l’éclosion survenue en septembre.

Des tests ont permis de déterminer qu’il s’agissait d’une souche différente.

Le Dr Léger estime qu’il n’y a aucun danger pour la santé publique et qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle éclosion, puisque les quatre nouveaux cas ne semblent pas être liés entre eux.

Cet été, 16 personnes de la région de Moncton ont contracté la maladie. Le 10 septembre, les autorités de la santé publique ont statué que l’éclosion était terminée. Une tour de refroidissement d’un immeuble de la ville a été identifiée comme étant la source qui a rendu malades 16 personnes âgées en moyenne de 60 ans, dont plusieurs d’entre elles se sont retrouvées aux soins intensifs.

M. Léger, qui est médecin-hygiéniste en chef pour la région de l’est, attribue l’apparition de nouveaux cas au fait que la légionellose est normalement une maladie sous-diagnostiquée.

La légionellose est une bactérie qui cause une infection aux poumons et peut engendrer de graves problèmes respiratoires. Elle se développe dans la nature et dans certains systèmes de climatisation. Elle peut infecter les humains lorsqu’on la respire sous forme de fines gouttelettes.

Normalement, deux ou trois cas sont dépistés chaque année dans l’est de la province.

«Certains estimés indiquent qu’il pourrait y avoir 8 à 10 fois plus de cas qui ne sont jamais diagnostiqués.»

La plupart du temps, les médecins traitent l’infection pulmonaire avec des antibiotiques sans nécessairement savoir qu’il s’agit de cette maladie.

En raison de l’éclosion de cet été, les cliniciens et médecins de la région sont beaucoup plus vigilants, ce qui a permis le dépistage de quatre nouveaux cas.

Parmi ceux-ci, une personne infectée ne provient pas de la région de Moncton et n’aurait fréquenté la région que très brièvement lors des dernières semaines.

Ces quatre personnes sont tombées malade entre le 30 septembre et le 21 octobre.

Leur état de santé est stable et elles sont en voie de rétablissement, selon le médecin.

Malgré plusieurs questions sur le sujet lors d’une conférence de presse lundi, Yves Léger n’a toujours pas voulu dévoiler l’emplacement de la tour de refroidissement qui ont causé les cas recensés cet été à Moncton.

Il affirme que son équipe continue d’y mener des tests pour s’assurer que le niveau de bactéries n’y dépasse pas la limite. Ces tests se poursuivront jusqu’à ce que son équipe sera satisfaite des normes de maintenance.

Pas de registre, peu de normes

Yves Léger dit qu’il n’a pas encore complété son rapport sur l’éclosion de cet été.

Il a à nouveau affirmé lundi que ce rapport contiendra une recommandation en vue de la création d’un registre des tours de refroidissement.

Cet été, son travail de dépistage de la source de l’infection avait été ralenti puisqu’il n’existe pas de registre de la sorte au Nouveau-Brunswick. Il était donc impossible de savoir quelles entreprises possédaient ce genre de système de climatisation.

«Une des recommandations sera le besoin d’avoir un registre et une certaine réglementation pour essayer de prévenir quelque chose comme ceci dans le futur. Il n’existe actuellement aucune réglementation qui exige aux propriétaires de faire de la maintenance ou d’avoir un plan de gestion de la qualité de leur eau», exprime le docteur Léger.

En 2012, la Ville de Québec s’était dotée d’un tel registre au terme d’une grave éclosion de légionellose, qui avait infecté 182 personnes et fait 14 morts.