Course au rectorat: Dr Denis Prud’homme en opération séduction

Dr Denis Prud’homme, le seul candidat en ligne pour devenir le 11e recteur de l’Université de Moncton, vient de terminer une tournée des trois campus de l’institution acadienne. L’occasion pour l’actuel directeur scientifique de l’Institut du savoir Montfort de se faire connaître auprès de la population universitaire.

Cet exercice de consultation est une étape obligée du processus de recrutement du nouveau recteur.

«Je suis un architecte. Je suis un gars d’équipe qui travaille avec les autres», a-t-il lancé mercredi devant plusieurs étudiants et membres de personnel de l’Université de Moncton, qui n’a plus de recteur permanent depuis le départ de Raymond Théberge en janvier 2018.

À propos de son style de management, Dr Prud’homme assure vouloir être «plus un coach qu’un manager», «créer un climat de confiance» et mener les réflexions «de façon collective». Aux élus étudiants, il promet des communications sur base régulière. «Il faut avoir la température des étudiants avant que la température monte», s’amuse-t-il.

Sa vision: placer l’Université de Moncton «parmi les dix meilleures universités généralistes au Canada».

Le candidat a été appelé par plusieurs professeurs à se prononcer sur les défis financiers de l’Université de Moncton et sa difficulté à entretenir un grand nombre de programmes avec peu d’étudiants.

Là encore, Dr Prud’homme répond qu’il n’entend pas prendre de décision seul dans son bureau.

«La responsabilité financière n’est pas seulement du ressort du recteur. Tout le monde a un rôle à jouer pour trouver des solutions afin d’assurer la solidité financière de l’institution.»

Le candidat dit vouloir faire de l’augmentation du nombre d’étudiants l’une de ses priorités, en misant notamment sur l’expérience étudiante.

«Ce que recherchent les étudiants, c’est s’amuser, c’est faire partie d’une communauté, dit-il. Il va falloir analyser collectivement les blocages, ce qui freine la croissance. Est-ce que le programme n’est pas adéquat? Est-ce qu’il a été mal vendu? Comment la nouvelle génération prend-elle son information? Qu’est-ce qui est important pour eux quand vient le temps de faire leur choix d’étude?»

Il promet également de faire valoir auprès du gouvernement le caractère unique de l’Université de Moncton. «Il faut sensibiliser le gouvernement au fait que nous sommes une université généraliste et qu’il y a des coûts rattachés à cette particularité.»

Le manque de compétition déçoit

Le comité de candidature n’avait sélectionné que deux candidats. Cependant, l’un des deux candidats retenus a fait savoir qu’il retirait sa candidature pour des raisons personnelles. Denis Prud’homme fait donc cavalier seul.

L’absence de diversité fait grincer des dents au sein de la population universitaire.

«Nous sommes prêts à travailler avec n’importe qui, mais c’est certain qu’on est déçu du fait qu’il n’y a qu’une personne et aucune femme. En 2019, ça nous semble essentiel que les femmes soient impliquées dans le processus», regrette Pascale Rioux, présidente de la Fédération des étudiantes et étudiants du Campus universitaire de Moncton.

Hélène Albert, professeure en travail social et vice-président interne de l’Association des bibliothécaires, professeures et professeurs de l’Université de Moncton, aurait elle aussi souhaité qu’un plus grand nombre de personnalités soit retenu.

«Mon plus grand bémol, c’est qu’il n’y a qu’une seule candidature. Je ne suis pas la seule à le reconnaître, mentionne-t-elle. Je pense que cette personne a somme toute une attitude collégiale. Ce n’était pas le cas de certains recteurs par le passé et ça se reflétait sur la vie à l’université.»

Une décision à l’hiver 2020

Pour dénicher la perle rare, le comité consultatif chargé de trouver la personne qui prendra le gouvernail de l’institution acadienne a fait appel à l’entreprise montréalaise Raymond recherche de cadres.

«Le poste a été affiché à l’échelle nationale, rappelle Edith Doucet, la présidente du conseil des gouverneurs. L’université avait le désir de se doter d’un leadership solide et d’attirer les meilleures candidatures. Le comité a fait une analyse approfondie de la formation, des expériences professionnelles et des qualités personnelles de chaque candidat. Certains ont démontré une expérience académique et administrative plus vaste et plus complète.»

Selon la politique d’embauche des cadres de l’Université de Moncton, des consultations doivent être menées auprès de toute la communauté universitaire: cadres supérieurs, Sénat académique, syndicats d’employés et de professeurs, associations étudiantes, associations des anciennes, anciens et amis.

Chacun aura l’occasion d’émettre ses commentaires par écrit du 6 au 29 novembre.

«À la suite de cela, le comité de sélection va se regrouper et faire une recommandation au Conseil des gouverneurs» détaille Edith Doucet.

Pour devenir recteur, le candidat devra ensuite être élu par les deux tiers de l’instance décisionnelle de l’Université de Moncton. Ce vote devrait avoir lieu pendant l’hiver 2020.

Si le processus est mené à son terme, Denis Prud’homme prendra la relève de Jacques Paul Couturier le 30 juin 2020, au terme d’une période transition de plusieurs semaines. Son mandat durera cinq ans.

Le parcours de Denis Prud’homme en bref

  • Originaire de Gatineau, il détient un doctorat en médecine ainsi qu’une maîtrise en sciences de l’activité physique de l’Université Laval.
  • Professeur en kinésiologie de l’Université Laval puis professeur titulaire à l’École des sciences de l’activité physique de l’Université d’Ottawa Doyen de la Faculté des sciences de la santé l’Université d’Ottawa de 2002 à 2012
  • Directeur scientifique de l’Institut du savoir Montfort de 2013 à 2019
  • Objets d’étude: les effets de l’activité physique chez les personnes ayant des problèmes de santé tels que l’obésité, le syndrome métabolique et le diabète. La barrière linguistique sur l’accès à des services de santé de qualité auprès des communautés francophones en situation minoritaire.
  • Amateur de golf, passionné par la course et le plein air, il s’est impliqué auprès de nombreuses équipes sportives au cours de sa carrière.