L’après-Irving à Baker-Brook

Le paysage industriel de la communauté de Baker-Brook n’est plus le même depuis le début de la semaine.

La communauté du Haut-Madawaska qui compte un peu moins de 600 âmes vit les premiers jours de son histoire moderne sans activités industrielles dans la scierie et principal employeur de l’endroit jusqu’à tout récemment.

Les 65 travailleurs de la scierie J.D. Irving ont effectué un dernier quart de travail vendredi dans l’usine de Baker-Brook qui avait ouvert ses portes en 2006.

La majorité de ces travailleurs ont heureusement pu se dénicher du travail ailleurs au sein de la même entreprise ou auprès d’autres employeurs éparpillés dans le Madawaska tels que Waska et Twin Rivers.

La direction de J.D. Irving a fait savoir lundi que sept travailleurs de son usine n’étaient pas encore parvenus à se trouver du boulot après la fermeture de sa scierie qui se spécialisait dans la production de planches de cèdre destinées à la fabrication de clôtures.

Trois autres travailleurs ont décidé d’opter pour la retraite.

«Les activités de rabotage à l’intérieur de l’usine, qui impliquent une vingtaine de travailleurs, vont se poursuivre pendant encore quelques semaines», a fait savoir Mary Keith, la vice-présidente aux communications de J.D. Irving.

«C’est une grande perte pour le patrimoine économique et culturel de notre région», a répété le maire de la Communauté rurale de Haut-Madawaska, Jean-Pierre Ouellet, tout en rendant hommage aux travailleurs de la scierie et à leur professionnalisme au fil des années.

«Les gens sont choqués, ils restent avec un goût amer avec raisons. La vie continue quand même pour ceux qui ont réussi à se trouver un nouvel emploi.»

Le maire Ouellet a d’ailleurs récemment fait parvenir au ministre des Ressources naturelles et Développement de l’énergie une missive dans laquelle il demande au ministre Mike Holland la tenue d’une réunion avec son personnel afin de discuter du départ de l’entreprise et des options qui s’offrent à la communauté rurale.

«Irving étant une multinationale, il faut toujours s’attendre à des choses comme ça. C’est dommage parce que c’était le cœur de l’industrie, le plus gros employeur à Baker-Brook où il n’y a pas des millions d’entreprises de cette taille», a pour sa part affirmé Jessy Nadeau, le président de la Chambre de Commerce du Haut-Madawaska.

Des revenus en moins

La Communauté rurale de Haut-Madawaska doit s’attendre à voir ses revenus diminuer en raison de la fermeture de l’usine de Baker-Brook.

«La taxe d’eau que payait Irving et qui s’établissait à 36 000$ par année va disparaître puisque l’entreprise ne va plus s’approvisionner en eau auprès de la municipalité», a expliqué le maire Jean-Pierre Ouellet.

Ce dernier s’attend également à des pertes d’argent en taxes foncières une fois que les installations de J.D. Irving seront toutes démantelées.