Blaine Higgs: la prochaine année sera plus difficile

Fier de ses accomplissements durant sa première année au pouvoir, Blaine Higgs compte sur la collaboration des partis de l’opposition dans les mois à venir pour mener à bien les réformes difficiles dont le Nouveau-Brunswick a besoin.

Le premier ministre dresse un bilan positif des douze premiers mois de son gouvernement.

«Si je pense à l’année qui se termine et à ce que nous avons accompli dans plusieurs secteurs et à ce que nous sommes en train de mettre en oeuvre, je pense que l’année a été bonne. Je pense que ça mérite certainement la note de passage», résume-t-il.

«Personnellement, ça a été une année de beaucoup d’heures. Ç’a été intense à cet égard, mais j’ai l’impression que nous en avons fait plus cette année que plusieurs gouvernements dans leur mandat complet.»

M. Higgs est particulièrement fier d’avoir pu maintenir l’équilibre budgétaire en coupant dans les dépenses qu’avait prévues le précédent gouvernement libéral quitte à renouer avec l’encre rouge.

«Nous avons montré aux contribuables du Nouveau-Brunswick que le gouvernement peut lui aussi être responsables avec ses dépenses.»

Fredericton a enregistré un surplus de 72,6 millions $ en 2018-2019. À la fin du premier trimestre de l’année en cours, la province s’attendait à un excédent de 38 millions $ pour l’exercice financier 2019-2020.

Malgré son statut minoritaire à l’Assemblée législative, le gouvernement progressiste-conservateur a pu entamer de nombreux chantiers, souligne Blaine Higgs, en matière notamment de fiscalité, de gouvernance locale, d’éducation et de foresterie.

Il prévient toutefois que des décisions plus laborieuses devront être prises à l’avenir concernant entre autres la livraison des services à la population.

«Ce sera probablement plus difficile au cours des prochains mois et des prochaines années», admet le premier ministre.

Lors de la présentation des priorités de son gouvernement pour la prochaine année, en septembre, M. Higgs a promis de faire du ménage dans les dépenses du gouvernement, notamment en santé.

Certains seront mécontents, avait-il prévenu, mais la province n’a pas d’autres choix que de modifier ses façons de faire pour assurer sa viabilité devant l’ampleur de la dette publique et du fardeau fiscal des citoyens et des entreprises.

Blaine Higgs espère réussir à travailler avec les partis d’opposition pour atteindre ses objectifs durant la prochaine année, mais sans se faire trop d’illusions.

«J’essaye d’être optimiste, mais en réalité, si la politique traditionnelle s’en mêle, ce n’est peut-être pas réaliste.»

«Les partis politiques ont évité de prendre des décisions pendant longtemps, mais le moment est venu. Nous devons protéger le Nouveau-Brunswick pour l’avenir.»

Après une seule année à la tête d’un gouvernement minoritaire, M. Higgs n’est pas particulièrement pressé de se retrouver en élection, même pour aller se chercher une majorité et avoir les coudées franches à l’Assemblée.

Il n’a cependant pas non plus l’intention d’appuyer sur la pédale de frein pour assurer la survie de son gouvernement.

«Je ne veux pas me retrouver dans une chaise berçante dans plusieurs années à me dire « ah, si seulement nous avions été plus audacieux ». Je préfèrerais me dire “bon, il faut croire que j’ai été trop audacieux”.»

Le premier ministre n’entend notamment pas plier en ce qui concerne les demandes des syndiqués du secteur public et spécialement des travailleurs des foyers de soins.

À son avis, en consentant à l’arbitrage exécutoire sans condition avec le personnel des foyers de soins, la province ouvrirait la porte à des demandes semblables de la part d’autres groupes du secteur public.

«Nous avons plus de 50 000 employés. Ce n’est pas juste pour les contribuables qui ne profitent pas des mêmes avantages sociaux et du même équilibre travail-vie personnelle.»

En mai, la majorité des députés à l’Assemblée législative a adopté une motion non contraignante pour demander au gouvernement d’aller en arbitrage exécutoire avec plus de 4000 employés des foyers de soins qui sont sans contrat de travail depuis plus de trois ans.

Un échec, selon Kevin Vickers

La première année du gouvernement Higgs a été un «échec», selon le chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick.

Kevin Vickers blâme particulièrement le premier ministre pour son manque de vision en matière de développement économique.

«Les coupes de M. Higgs n’ont pas réussi à améliorer notre économie. Il n’y a pas eu d’amélioration en ce qui concerne la croissance de l’économie», affirme-t-il.

«(M. Higgs) a reçu beaucoup d’applaudissements pour avoir équilibré le budget, mais il a reçu beaucoup d’argent d’Ottawa, ce qui lui a permis d’équilibrer le budget.»

M. Higgs a notamment choisi de couper dans le budget du ministère du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture alors qu’il s’agit du moteur économique au Nouveau-Brunswick, dénonce le chef libéral.

Les progressistes-conservateurs n’ont pas livré la marchandise en ce qui concerne les soins de santé, selon M. Vickers.

«Le Parti conservateur nous avait promis de grandes améliorations dans le système de santé, surtout en ce qui concerne les temps d’attente aux urgences et pour les chirurgies et selon moi il n’y a eu aucune amélioration dans ce domaine.»

Le chef du Parti vert, David Coon, reproche à Blaine Higgs d’avoir passé beaucoup de temps avec les autres premiers ministres provinciaux d’allégeance conservatrice au cours de la dernière année pour promouvoir l’industrie du pétrole et du gaz au lieu de se concentrer sur les problèmes du Nouveau-Brunswick.

«Il était un peu déconnecté des besoins de la population. Les solutions à nos défis ne se trouvent pas dans les autres provinces. Il doit concentrer ses efforts ici, chez nous.»

M. Coon déplore aussi la volonté de M. Higgs de réduire à tout prix les dépenses du gouvernement.

«Nos services publics souffrent à cause de sa préoccupation avec les excédents budgétaires. Il essaye de gérer le gouvernement comme une entreprise commerciale et ce n’est pas acceptable.»

L’entêtement de Blaine Higgs dans le dossier des travailleurs des foyers de soins et son désir de modifier les règles de l’arbitrage exécutoire pour les pompiers et les policiers municipaux sont particulièrement inquiétants, selon David Coon.