Le racisme «caché» persiste au quotidien, ici comme ailleurs

Prendre conscience de ses privilèges, constater l’effet néfaste des stéréotypes et reconnaître les manifestations de racisme latent qui persistent au quotidien… L’atelier sur la diversité culturelle et le racisme tenu au CCNB de Bathurst, cette semaine, a abordé tous ces enjeux et encore plus.

Les animateurs ont lancé la présentation en attribuant un personnage fictif à quatre participants.

Ceux-ci étaient soit un homme ou une femme, soit noir ou blanc, soit hétérosexuel ou homosexuel.

Les quatre se sont installés les uns à côté des autres sur la ligne de départ, qui symbolisait l’égalité de tous à la naissance.

Une dizaine d’affirmations furent ensuite énoncées à voix haute. Lorsque le participant entendait un énoncé qui s’applique à lui, il faisait un pas vers l’avant, sinon il devait rester sur place.

«Je n’ai pas peur de marcher seul le soir. Je n’ai pas à justifier mon orientation sexuelle. Je peux avoir plus qu’un partenaire sexuel sans me faire juger. Je ne me fais pas surveiller lorsque j’entre dans un magasin.»

Vous avez probablement deviné la suite.

L’homme blanc, hétérosexuel a vite pris les devants, alors que la femme noire d’orientation homosexuelle, elle, s’est retrouvée bloquée à la ligne de départ.

L’activité ne s’est pas arrêtée là. Pour démontrer le poids du «privilège blanc», l’animateur a demandé à chacun des participants de lancer un ballon dans un panier situé au sol.

Le premier en ligne a facilement relevé ce défi. Le deuxième l’a aussi atteint sans trop de difficulté. Le troisième personnage, la femme homosexuelle, blanche, n’a pas réussi à atteindre l’objectif et la dernière non plus.

La cible, qui aurait pu symboliser un emploi de rêve ou une éducation de qualité, était trop loin et donc inaccessible pour certains.

Les participants à l’activité ont donc pu constater que la réussite n’a pas toujours à voir avec l’effort ou la détermination, mais bien avec les discriminations directes, indirectes ou systémiques qui perdurent dans notre société.

Les animateurs ont poursuivi en expliquant qu’il faut prendre conscience de ses propres privilèges avant d’envisager de créer un milieu égalitaire.

Ils ont relevé plusieurs exemples afin de faire la lumière sur les actions qui semblent inoffensives, mais qui perpétuent les inégalités et le racisme.

Par exemple, vouloir toucher par curiosité aux cheveux d’une personne d’ethnicité différente ou demander à quelqu’un qui a un accent «d’où il vient?»

Ces gestes vous semblent peut-être inappropriés, mais selon plusieurs, ils se produisent encore trop souvent.

Les présentateurs ont aussi raconté l’histoire d’un jeune professionnel tentant de décrocher un emploi au Canada, le pays où il avait fait ses études et où il habitait depuis longtemps.

Cet individu aurait envoyé plusieurs curriculum vitae, mais arrivait rarement à obtenir une entrevue, jusqu’au jour où il a décidé d’envoyer le même CV sous un différent nom: Marc Tremblay.

Ce nom plus traditionnellement canadien lui aurait valu un coup de fil dès le lendemain matin.

Ceci démontre que le racisme existe sous plusieurs formes et non seulement la couleur de la peau.

L’atelier a aussi touché brièvement à l’homophobie et au sexisme, des enjeux importants pour le groupe «Ensemble pour le respect de la diversité», la fondation québécoise organisatrice de l’événement.

Les animateurs ont conclu en appelant tous les participants à dénoncer le racisme et à lutter contre les préjugés de façon sécuritaire.

Lors de l’activité, les participants ont aussi prouvé qu’en s’entraidant, même les plus opprimés peuvent acheminer leur ballon dans le panier.