Préposées aux soins communautaires: plaidoyer pour une hausse des salaires

Plusieurs préposées aux soins et membres de la Coalition pour l’équité salariale étaient présentes à Moncton, jeudi, pour présenter «J’y tiens. Et toi?», un projet ayant pour objectif de valoriser le travail lié aux soins communautaires.

La Coalition souhaite que cette valorisation passe avant tout par une hausse des salaires, dans six services de soins ciblés: le soutien à domicile, les résidences communautaires, les maisons de transition, les foyers de soins spéciaux, et les services de soutien à la famille.

«Nous reconnaissons que le gouvernement a investi dans les salaires du secteur des soins pour les personnes âgées et handicapées au cours des dernières années, admet Frances Leblanc, présidente de la Coalition pour l’équité salariale. Mais les emplois demeurent sous-évalués et sous-payés. Il faut redresser les salaires afin qu’ils reflètent le niveau de responsabilités et d’effort, ainsi que les conditions de travail difficile associées à ces emplois.»

Pour Erica Flynn, préposée aux services de soutien à la personne dans un établissement pour aînés, augmenter les salaires permettrait de garder les employés plus longtemps au seins des établissements de soins communautaires.

«Nous sommes en sous-effectif constant, car les gens ne restent pas, explique-t-elle. Ils préfèrent partir ailleurs, et pourquoi je les blâmerais ? Tu peux gagner autant voire plus en travaillant au McDonald’s, en faisant un job moins difficile.»

C’est d’ailleurs l’un des objectif du projet «J’y tiens. Et toi» : mettre en avant les conditions difficiles de ces métiers là, afin d’arriver à une revalorisation salariale.

«C’est un métier exigeant : nous avons des personnes sous notre responsabilité, souligne Erica Flynn. Nous devons les aider au quotidien, ce qui inclut des tâches pas toujours aisées pour tout le monde, comme s’occuper de leur hygiène. Je rentre souvent chez moi après 22 heures. J’aime profondément mon métier et mes résidents, c’est ça qui me fait tenir, mais c’est pour mon cas personnel. Si l’on souhaite inciter les gens à s’engager pour ces métiers-là, il faut offrir une rémunération plus attractive.»

Le projet prévoit la formation de comités d’évaluation d’emplois, qui seront chargés de déterminer la valeur du travail des personnes préposées aux soins. À partir des constats établis, la Coalition pour l’équité salariale mènera une stratégie de revendication, pour tenter de faire adopter des mesures législatives par le gouvernement du Nouveau-Brunswick.

Atteindre l’équité salariale

Les revendications de la Coalition se fondent aussi sur le manque d’équité salariale dont souffrirait encore les préposées aux soins communautaires. L’équité salariale – à ne pas confondre avec la parité salariale entre hommes et femmes –  consiste à attribuer un salaire égal à des emplois à prédominance féminine qu’à celui versé aux emplois à prédominance masculine. Pour cela, on compare les emplois, même s’ils sont différents, et on estime s’ils sont de valeur équivalente, en se basant sur quatre critères : le niveau de responsabilités, les compétences mobilisées, les conditions de travail, ainsi que les efforts fournis.

«Une étude menée  par Ruth Rose, professeure à l’UQAM, a démontré que l’équité salariale pour certains services de soins se situait autour de 20 dollars de l’heure, ce qui est loin des 13 à 15 dollars actuels, affirme Johanne Perron, directrice générale de la Coalition. À titre d’exemple, le salaire pour un préposé à l’entretien est d’environ 17 dollars de l’heure, alors que c’est un emploi à prédominance masculine jugé de valeur équivalente à celui de préposée aux soins.»

Au Nouveau-Brunswick, c’est une loi de 2009 qui assure l’équité salariale pour les personnes occupant des emplois à prédominance féminine dans le secteur public. Selon les chiffres de la Coalition pour l’équité salariale, 7 femmes sur 10 dans le secteur privé ne serait pas toujours protégées par une loi sur l’équité salariale.