Travailler, c’est possible pour des personnes avec une déficience

L’Association du Nouveau-Brunswick pour l’intégration communautaire (ANBIC) souhaite que les personnes avec une déficience intellectuelle puissent acquérir de l’autonomie. L’accès à l’emploi, au logement et au développement des relations sociales ne sont pas inatteignables chez ces personnes, selon l’organisme.

Le volet «inclusion sociale» de l’ANBIC a pour but d’encourager l’intégration dans la société des personnes qui doivent composer avec des défis intellectuels.

Rebecca Richard, facilitatrice communautaire et Karen Wortman, coordonnatrice de l’inclusion sociale, ont partagé leurs efforts au sein de l’ANBIC aux étudiants de l’Université de Moncton, mardi.

Les deux intervenantes tentent de démontrer qu’il est possible pour certaines personnes sous le spectre de l’autisme ou atteintes de trisomie, par exemple, de mener une vie autonome.

Lancé en 2016, le projet de l’aide à la vie autonome vise à ce que les personnes avec une déficience intellectuelle puissent avoir leur propre logement. Développer des liens durables avec des gens et participer à des activités en société sont aussi des objectifs du programme.

Elles expliquent que certains employeurs à Moncton sont reconnus pour embaucher des personnes avec une déficience.

Mme Wortman a cité le Casino Nouveau-Brunswick, le Centre Avenir, l’hôtel Delta Beauséjour et le Village des valeurs en tant qu’entreprises inclusives.

Une des façons de motiver les personnes qui composent avec un défi intellectuel au travail est de leur donner une tâche répétitive. À cet effet, elles réalisent de petits exploits dans la mesure de leurs capacités.

À titre d’exemple, une personne atteinte d’une déficience a pour responsabilité de retirer les draps des lits dans les chambres du casino. Il s’agit de sa seule et unique tâche.

«Quand les dames viennent nettoyer la chambre d’hôtel après, c’est un job qu’elles n’ont pas besoin de faire», indique Mme Wortman.

Les employeurs peuvent alors se concentrer sur ce que les gens aux prises d’une déficience peuvent faire, plutôt sur ce qu’elles ne peuvent pas faire.

Aller au travail et remplir une mission est un besoin essentiel pour les gens avec une déficience, s’ils sont capables de le faire. Comme pour tout le monde, cela leur donne l’impression de contribuer à la société. C’est aussi une bonne raison de les faire sortir de la maison, assure Rebecca Richard.

Convaincre les parents

Une fois rendus adultes, les enfants atteints d’une déficience demeurent une grande responsabilité pour leurs parents.

«À l’âge de 18 ans, mentalement, ils ont peut-être seulement 10 ans. Ils doivent rester plus longtemps avec leurs parents.»

Selon Mme Richard, certains parents se rendent compte trop tard que leur enfant pourrait acquérir de l’autonomie.

Les parents vieillissent et à un certain point, ils n’ont pas le choix d’envoyer leur enfant dans une maison de soins. C’est souvent à ce moment que les personnes avec une déficience se replient sur elles-mêmes, selon Mme Wortman. Elles n’ont pas la stimulation nécessaire pour s’accomplir.

Avant 18 ans, ces enfants vont à l’école et ont une routine. Lorsqu’ils ne sont plus sur les bancs d’école, les parents doivent continuer à travailler. Les personnes avec une déficience sont alors prises en charge par un service quelconque ou laissées à elles-mêmes.

«La plupart des parents ne pensent pas que leur enfant peut être indépendant», explique M. Richard.

Les intervenantes veulent faire germer l’idée dans la tête des parents que leur enfant pourrait être autonome.