Kevin Vickers veut s’inspirer du miracle irlandais

Le chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick aimerait rendre la province plus attrayante pour les multinationales.

Kevin Vickers s’est arrêté au quartier général de l’Acadie Nouvelle à Caraquet, vendredi, pour une rencontre avec le comité éditorial du journal.

Depuis son élection à la direction du parti en avril, le successeur de Brian Gallant s’est fait plutôt discret, ne participant qu’à de rares occasions au débat public. M. Vickers explique vouloir consacrer son temps à rencontrer les citoyens aux quatre coins de la province.

«Je continue d’écouter les gens du Nouveau-Brunswick et je reçois leurs idées pour améliorer la situation actuelle et réduire les tensions entre les communautés», souligne-t-il.

Invité à présenter les idées qu’il souhaite promouvoir au sein de sa formation politique, le politicien a révélé vouloir s’inspirer du miracle économique irlandais.

Durement frappée par la crise financière de 2008, l’Irlande est parvenue à relever la tête, notamment grâce à une politique fiscale très intéressante pour les multinationales dont plusieurs ont délocalisé leur siège dans cet État. L’arrivée des géants Apple, Facebook et Google a donné un coup de fouet à l’économie du pays et a divisé son taux de chômage par trois. L’Irlande affiche, depuis 2015, le taux de croissance le plus élevé de l’Union européenne.

Kevin Vickers a été ambassadeur du Canada en Irlande de 2015 à 2019.

«Ils ont choisi de cibler des entreprises par l’impôt dans certains secteurs comme la pharmaceutique, les nouvelles technologies, les médias sociaux et ont adapté le système d’éducation dans ce sens-là», mentionne M. Vickers.

Un tel programme n’est pas sans rappeler l’action du gouvernement de Frank McKenna qui, de 1987 à 1997, avait tenté de favoriser la création d’emplois par l’intermédiaire d’incitatifs fiscaux offerts aux sociétés qui acceptaient de déménager leurs installations au Nouveau-Brunswick.

Sans donner de détails, Kevin Vickers imagine également une mesure qui permettrait aux entreprises de choisir entre payer une taxe sur le profit ou réinvestir les profits dans la création d’emplois.

Le chef libéral précise qu’il n’a pas encore discuté avec les membres de son parti pour valider ces orientations.

«Je suis convaincu que je vais réussir à transformer l’économie du Nouveau-Brunswick», lance-t-il.

«Côté financier, je suis conservateur, au niveau social je pourrais être NPD et côté environnement, je suis plus vert que les Verts! Il faut prendre la crise climatique au sérieux, elle mène l’humanité à sa perte.»

Kevin Vickers estime que le Nouveau-Brunswick n’a pas été suffisamment soutenu par le gouvernement fédéral, citant les milliards dépensés par Ottawa pour l’achat d’un pipeline en Alberta, le sauvetage de l’industrie automobile en Ontario ou l’aide à Bombardier au Québec.

Qualifiant le Nouveau-Brunswick «d’enfant oublié de la Confédération», il compte militer pour la décentralisation de certains postes de la fonction publique fédérale, notamment les quelque 2500 emplois du département de la traduction. M. Vickers verrait très bien la majorité de ces emplois être transférés dans le Restigouche.

«Si je deviens premier ministre, je vais batailler pour le Nouveau-Brunswick», promet-il.

Pas pressé d’aller en élections

Le gouvernement Higgs affirme que des élections complémentaires auront lieu le printemps prochain «au plus tard» pour combler les deux sièges vacants à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick dans les circonscriptions de Baie-de-Shediac-Dieppe et de Sainte-Croix.

Les postes sont vacants depuis la démission de Brian Gallant et le décès le mois dernier de Greg Thompson, ministre des Affaires intergouvernementales.

Le chef du Parti libéral en profitera-t-il pour tenter de se faire élire pour la première fois et faire son entrée à l’Assemblée? L’intéressé assure n’avoir pris aucune décision pour le moment. «Ma préférence, c’est de me présenter à Miramichi. Je réside là-bas, j’ai grandi là-bas.»

Alors que le premier ministre Blaine Higgs a brandi à plusieurs reprises la possibilité d’un déclenchement anticipé des élections provinciales, M. Vickers entend profiter des prochaines semaines pour mettre les forces de son parti en ordre de bataille.

Il ne souhaite toutefois pas que des élections soient déclenchées dans l’immédiat.

«Comme leader, je dois m’assurer que les postes administratifs soient pourvus et qu’il y ait des candidats dans chaque circonscription», dit-il.

«Une élection coûte beaucoup d’argent. Est-ce que les gens du Nouveau-Brunswick veulent une élection tout de suite? Je ne pense pas.»