La fonderie de Belledune fermera ses portes en décembre

La Fonderie Brunswick de Belledune, l’un des plus importants employeurs de la région Chaleur, fermera définitivement ses portes à compter de la fin décembre.

Les employés non syndiqués ont été convoqués à la cafétéria de l’usine dès leur arrivée tôt mercredi matin. Là, la direction de l’entreprise a lâché la bombe, soit que l’installation de Belledune fermera ses portes aussi tôt que d’ici la fin de l’année. Le processus de fermeture s’enclenchera immédiatement.

La nouvelle a été confirmée par l’entreprise plus tard en matinée par le biais d’un communiqué de presse.

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Dans ce dernier, Glencore évoque des problèmes de rentabilité et ne tient pas pour responsable le conflit syndical qui perdure depuis plus de six mois.

«Qu’il y ait eu ou non signature d’une convention collective, ça n’aurait rien changé à la décision», a tenu à préciser Alexis Segal, porte-parole de la compagnie, lors d’un entretien téléphonique avec l’Acadie Nouvelle.

Selon lui, la décision était devenue inévitable pour des raisons économiques. L’usine aurait perdu en moyenne 30 millions $ par année au cours des trois dernières années. Et selon les récentes analyses de la compagnie, le marché continue de se détériorer.

«Les prix ont chuté de façon dramatique. C’est devenu clair qu’en dépit de nos efforts pour réduire les coûts de fonctionnement à Belledune, on ne parviendrait plus à rendre l’usine profitable à court, moyen et même long terme», explique le porte-parole, réitérant que la décision n’a pas été prise à la légère, mais bien au contraire, qu’elle fut mûrement réfléchie.

Toujours selon M. Segal, plusieurs raffineries de plombs ont vu le jour ailleurs dans le monde au cours des dernières années (notamment en Chine), rendant l’existence de celle de Belledune précaire, surtout du fait que celle-ci n’est plus rattachée à la présence d’une mine comme c’était le cas il y a environ six ans avec la mine Brunswick.

Les pertes monétaires de la fonderie ne seraient ainsi pas attribuables directement aux coûts énergétiques ou de main-d’œuvre, mais bien à la baisse drastique des revenus en raison des fluctuations du marché.

Priorité aux employés

La fonderie Brunswick a été fondée en 1966 et compte environ 420 employés. De ce nombre, on dénote tout près de 300 syndiqués. Ces employés, au dire de la direction, sont la priorité de l’entreprise.

«À partir de maintenant, tous nos efforts seront déployés envers l’objectif de réduire les impacts de cette décision sur eux. On va travailler avec eux pour la question des pensions et des indemnités de licenciement. On entend aussi leur permettre de déménager ailleurs dans notre entreprise, notamment dans l’une de nos huit autres usines au pays (Québec et Ontario) ou même ailleurs dans le monde s’ils sont plus mobiles. Et s’ils ne sont pas mobiles, on va les aider à se placer dans la région», promet M. Segal.

Choc à Belledune

Le maire de la municipalité de Belledune, Joe Noel, savait depuis mardi soir que quelque chose se tramait. Celui-ci avait reçu un appel en soirée de la direction de l’entreprise le conviant à une rencontre mercredi matin. Il a appris la nouvelle pratiquement en même temps que les employés.

«Ce n’est pas une belle journée pour notre communauté, c’est certain», souligne M. Noel.

S’il ne cache pas sa déception, il estime néanmoins qu’il était devenu de plus en plus évident que les jours de l’entreprise étaient comptés.

«L’usine a une cinquantaine d’années. Elle a créé beaucoup de bons emplois au fil des ans et permis à notre région de se développer. Mais on sentait qu’elle était devenue un boulet pour Glencore depuis quelques années, surtout que le matériel qu’elle traitait est devenu de plus en plus rare à trouver. On ne doit donc pas être surpris outre mesure par cette annonce», estime le maire.

Positif, le maire est persuadé que la région saura surmonter ce défi. Comme plusieurs, il mise beaucoup sur le projet en développement de la compagnie Maritime Iron, projet qui prévoit la création de nombreux emplois. À cela s’ajoutent les succès du Port de Belledune qui multiplie les bons coups.

«Tout n’est pas négatif. C’est une journée sombre aujourd’hui, certes, mais je vois de la lumière au bout du tunnel. L’important à ce stade-ci selon moi, c’est de penser aux employés de la fonderie et s’assurer qu’ils soient bien traités et qu’ils obtiennent ce qui leur est dû», insiste M. Noel.