Des fournisseurs frappés de plein fouet par la fermeture de la fonderie de Belledune

Les 420 employés de la Fonderie Brunswick ne seront pas seuls à subir les conséquences de sa fermeture.

La compagnie Glencore a secoué le nord du Nouveau-Brunswick, mardi matin, en annonçant la fermeture définitive de l’usine de Belledune, d’ici la fin de l’année.

L’Acadie Nouvelle s’est entretenue avec quelques entrepreneurs pour entendre leur réaction.

Marcel Doucet, de Boucher Machining Inc., souligne que sa compagnie travaillait auprès de l’usine de plomb depuis ses débuts, en 1966. Elle est son plus important client.

«Elle compte pour au-delà de 60% de notre chiffre d’affaires», a-t-il partagé.

Pris de surprise face à la décision de Glencore, M. Doucet se trouve désormais dans une position difficile.

«On n’aura pas le choix de faire des mises à pied», a-t-il souligné.

André Frenette, propriétaire et directeur général du groupe R.H. Frenette, perdra lui aussi un client «très considérable» en décembre.

La fonderie représentait 17% de son chiffre d’affaires et 5% de ses gains indirects.

«Il n’y a pas une année, depuis 1978, qu’on n’a pas eu de contrats avec eux», a-t-il dit.

Malgré les inconvénients engendrés par cette nouvelle, M. Frenette demeure optimiste.

«Heureusement, mais malheureusement en même temps, on était quand même préparés.»

Le propriétaire explique que son client n’a jamais caché ses défis financiers.

La fonderie n’était plus rentable depuis la fermeture de la mine Brunswick, en 2013, et ce n’était pas un secret, selon lui.

«L’élément de surprise n’a pas été la fermeture, mais le moment choisi pour le faire», a-t-il précisé.

«Il faut quand même apprendre à vivre avec et continuer à avancer.»

Paul Arseneau, directeur des finances à la firme d’ingénierie Roy Consultants, a aussi accepté de discuter avec le journal, vendredi.

«La fonderie était un très bon client de notre firme, pas juste au niveau du chiffre d’affaires, mais aussi des expertises qu’il nous a permis de développer», a-t-il relevé.

M. Arseneau ne s’inquiète pas pour son entreprise, mais reconnaît que la fermeture de l’usine de Belledune est une perte.

«On parle souvent d’économie, mais il ne faut pas oublier l’économie du savoir», a-t-il soulevé.

«La fonderie permettait aux gens de se former dans des disciplines pointues. »

La Fonderie Brunswick et la firme Roy Consultants travaillaient ensemble depuis plus de 30 ans.

«Je suis impressionné par la façon dont ils ont continué à opérer, même six ans après la fermeture de la mine Brunswick», a exprimé M. Arseneau.

«C’est important de le souligner et de dire merci au personnel.»

Le magasin de matériaux North Shore Welding Supply, se retrouve en quelque sorte dans le même bateau.

Shawn Chamberlain a noté que la fermeture aura certainement des répercussions sur l’entreprise, même s’il est encore trop tôt pour les quantifier.

«Il va falloir s’adapter», a-t-il mentionné.

Denis Caron, président et directeur général du Port de Belledune, avoue avoir été pris de court par la décision de Glencore.

«Nous sommes très surpris; nous ne nous attendions pas à une fermeture complète» , a-t-il indiqué.

«On savait qu’il y avait certains défis, mais on gardait espoir.»

La fonderie comptait pour 10% de l’approvisionnement du port. Cela représente une perte d’environ 1 million $ par année.

M. Caron a spécifié que le port n’est toutefois pas dans l’eau chaude puisqu’il a grandement diversifié ses sources de revenu au cours des dernières années.

Cela n’apaise quand même pas sa déception de voir une «relation de longue date» tirer à sa fin.

«Le port existe depuis 50 ans et a été fondé pour appuyer la fonderie et la mine», a-t-il rappelé.

Il conclut en exprimant son appui à tous ceux qui sont affectés.

L’Acadie Nouvelle a également tenté, sans succès, de discuter avec l’entreprise MQM, un fournisseur important de la Fonderie Brunswick.

Un comité sur le réaménagement des effectifs

Un comité sur le réaménagement des effectifs sera mis sur pied pour aider les communautés, les employés et l’employeur touchés par cette fermeture.

Trevor Holder, ministre de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail, a annoncé que son ministère dirigera et assura la responsabilité financière de ce comité.

«Dans les jours et les semaines à venir, l’accent sera mis sur le soutien des employés et la recherche d’emplois tout en recherchant des opportunités de croissance économique pour la région», a-t-il partagé dans un courriel.

Cette initiative découle d’une discussion avec les dirigeants locaux, jeudi soir.

M. Holder, le ministre de l’Environnement, Jeff Carr, et le vice-premier ministre Robert Gauvin, se sont déplacés à Belledune pour écouter des représentants du syndicat des métallurgistes, des députés provinciaux, des chefs d’entreprise , les maires de Belledune et d’Atholville, ainsi que des représentants de Perspectives Nouveau-Brunswick.

«Il ressort clairement de la réunion que nous sommes tous prêts et désireux de travailler ensemble pour contribuer à la transition de l’économie de la région», a ajouté M. Holder.