Deux foyers de soins de la région de Bathurst rejettent l’offre patronale à plus de 90%

Les travailleurs syndiqués de deux foyers de soins du Nouveau-Brunswick rejettent l’offre finale du gouvernement à plus de 90%.

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a dévoilé vendredi les résultats du vote du personnel du Foyer Notre-Dame-de-Lourdes de Bathurst et de la Villa Sormany de Robertville.

Les deux groupes se sont prononcés contre l’offre gouvernementale à 93,4% et à 90% respectivement.

«Le message est très clair. L’offre de l’employeur est complètement inacceptable», affirme le représentant syndical Guy Ward.

«Les membres ne sont pas prêts à accepter n’importe quoi. Ils veulent régler des problèmes au niveau salarial et la pénurie de main-d’œuvre.»

Fredericton a déclenché le mois dernier une série de scrutins dans une quarantaine de foyers de soins dans l’espoir de dénouer l’impasse qui persiste depuis plus de trois ans.

Plus de 4000 syndiqués dans 45 foyers de soins seront appelés à se prononcer au cours des prochaines semaines.

La ministre du Développement social, Dorothy Shephard, s’est dite «déçue» après avoir appris les résultats des deux scrutins dans la région de Bathurst.

«Nous estimons que l’offre était équitable pour les travailleurs ainsi que pour les contribuables du Nouveau-Brunswick», a-t-elle indiqué dans une déclaration.

Fredericton offre aux travailleurs une augmentation salariale de 5,5% sur quatre ans ainsi que de meilleures primes pour ceux qui travaillent les soirs et les weekends.

En échange, la province demande aux travailleurs de renoncer à deux jours de congé de maladie.

Les syndiqués réclament plutôt une hausse salariale de 12% sur quatre ans en plus d’une prime pour le recrutement et la rétention du personnel.

«(Le premier ministre Blaine) Higgs veut couper dans des congés de maladie qui sont très nécessaires en ce moment avec la pénurie d’employés. Les gens travaillent à court et sont à bout de souffle», atteste Guy Ward.

Le personnel du York Manor de Fredericton devait se prononcer sur l’offre du gouvernement vendredi soir. Des votes sont déjà à l’horaire dans neuf autres établissements d’ici au 9 décembre.

Puisque les foyers de soins sont indépendants les uns des autres, le personnel de certains établissements pourrait accepter l’offre du gouvernement même si une majorité de leurs collègues ailleurs dans la province la refusent.

Les employés de six foyers de soins se sont déjà prononcés sur l’offre du gouvernement le mois dernier. Les bulletins de vote sont cependant sous scellé en raison d’un différend sur le déroulement des scrutins entre l’employeur et le syndicat.

La Commission de l’emploi et du travail a déjà tranché en faveur du syndicat, selon Patrick Roy, mais le gouvernement pourrait exiger une révision judiciaire.

Fredericton songe aussi à porter une autre affaire concernant les foyers de soins jusqu’en Cour suprême du Canada.

Le mois dernier, la Cour d’appel du Nouveau-Brunswick a confirmé la décision d’une cour inférieure qui avait décrété que la loi qui empêche 90% des travailleurs impliqués dans ce conflit de faire la grève est inconstitutionnelle.

La juge en chef de la Cour du banc de la Reine, Tracey DeWare, a donné jusqu’au 2 janvier 2020 au gouvernement pour modifier la Loi sur les services essentiels dans les foyers de soins.

La province a jusqu’au 28 novembre pour demander à la Cour suprême de se pencher sur la décision de la Cour d’appel.