Codiac Transpo retire une publicité anti-bilinguisme de ses autobus

Une publicité de l’Anglophone rights association critiquant le bilinguisme fait réagir sur le web depuis samedi. La publicité a depuis été retirée de l’autobus de Codiac Transpo.

La publicité en question figurait à l’arrière d’un autobus de la société publique chargée du transport en commun dans le Grand Moncton.

«Croyez-vous que la mise en oeuvre du bilinguisme est allée trop loin? Joignez-vous à l’ARA aujourd’hui pour que votre voix soit entendue», peut-on lire dans la publicité.

L’internaute Nicole Doiron a publié une photo du panneau publicitaire sur sa page facebook en interpellant la Ville de Moncton et Codiac Transpo dans sa publication.

«C’est-tu une joke? Est-ce que cette publicité devrait être sur un autobus de la ville?», a-t-elle demandé.

L’ARANB est un organisme à but non lucratif qui critique le bilinguisme officiel dans la province. Sur sa page Facebook, on retrouve des messages de haine envers «l’élite française» et des critiques des coûts encourus par la province en raison des services en français.

Les commentaires critiquant la présence de cette publicité sur un autobus municipal ont fusé rapidement. Plusieurs internautes se demandaient qui avait approuvé la mise en place du panneau publicitaire.

La Ville de Moncton et Codiac Transpo sont aussi intervenus sur les réseaux sociaux pour tenter d’étouffer la controverse.

Sur sa page facebook, la société publique Codiac Transpo a indiqué que le choix des publicités revient à une entreprise privée.

«Nous avons appris l’existence d’une publicité sur l’un de nos autobus qui ne suit pas la position de la Ville en matière de bilinguisme. Le contrat de publicité pour les autobus et les abribus est géré par une entreprise du secteur privé. Bien que Codiac Transpo, la Ville de Moncton, la Ville de Dieppe et la Ville de Riverview ne participent pas au processus d’approbation du contenu des publicités, nous exigeons qu’elle respecte tous les résidents de notre communauté. Codiac Transpo a déjà communiqué avec l’entreprise pour que cette publicité soit retirée.»

Dans la section «publicité dans les autobus» du site web de Codiac Transpo, on retrouve les informations pour joindre deux représentants de la firme Pattison Outdoor Advertising. L’entreprise en question a des bureaux à Moncton, qui est une ville officiellement bilingue.

Dans un autre commentaire plus récent, Codiac Transpo indique que la publicité a été retirée de l’autobus et qu’une discussion aura lieu avec l’entreprise.

En réponse au débat enflammé prenant place sur sa page Facebook, Codiac Transpo a aussi publié une mise en garde contre les attaques personnelles.

«Nous comprenons que les gens ont des points de vue différents sur les sujets; cependant, il n’y a aucune tolérance pour le langage irrespectueux et grossier, l’intimidation ou les attaques personnelles.»

Sur sa page Facebook, Anglophone Rights Association of New Brunswick dénonce la décision des autorités d’avoir exigé le retrait de la publicité. Le groupe signale qu’elle ne faisait aucune promotion de haine ou de violence.

Le groupe invite les anglophones à se souvenir aux prochaines élections des partis politiques qui appuient ce qu’il qualifie de censure.

Une leçon

La SANB a réagi à son tour à la controverse, lundi matin.

L’organisme «condamne catégoriquement» toute publicité ou message politique qui vise à semer la division linguistique ou à s’opposer au bilinguisme officiel au Nouveau-Brunswick.

«La publication de cette publicité témoigne d’un manque de respect flagrant à l’égard des deux communautés linguistiques de la province et cette dernière aurait dû être rejetée automatiquement», fait-on savoir par communiqué.

La SANB remercie toutefois Codiac Transpo d’avoir rapidement pris en main la situation «et espère que cette situation servira d’apprentissage».

«Nous devons nous poser les questions suivantes: existe-t-il des mécanismes pour empêcher la publication de telles publicités? Si oui, pourquoi n’ont-ils pas fonctionné? Sinon, le temps est-il arrivé pour que chaque palier gouvernemental privilégie des modèles de prestation de services qui empêchent des agences publicitaires de promouvoir des discours de la division ou d’autrement publiciser la propagande.»

Ce n’est pas la première fois qu’une publicité de l’ARANB fait réagir. En 2016, l’organisme qui milite en faveur des droits de la majorité anglophone avait fait appel à la même entreprise publicitaire afin d’attirer de nouveaux membres à une réunion.