10 M$ pour que des infirmières auxiliaires puissent devenir infirmières immatriculées

La pénurie d’infirmières est connue au Nouveau-Brunswick. Le gouvernement provincial a dévoilé lundi matin l’une des actions concrètes qu’il compte mettre en œuvre pour s’y attaquer.

Le gouvernement Higgs a présenté les grandes lignes de sa Stratégie en matière de ressources infirmières plus tôt cette année.

Lundi, Robert Gauvin, député de Shippagan-Lamèque-Miscou et vice-premier ministre provincial, a annoncé que des ententes de financement de 10 ans ont été conclues avec l’Université de Moncton et l’Université du Nouveau-Brunswick.

L’objectif est de permettre aux détenteurs d’un diplôme en soins infirmiers auxiliaires, offert entre autres au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, de poursuivre leurs études afin d’obtenir un baccalauréat en sciences infirmières. Ces gens pourront s’inscrire à un programme passerelle d’un semestre menant à la troisième année d’un baccalauréat.

Cette année, les cinq campus du CCNB comptaient 118 étudiants dans le programme de soins infirmiers auxiliaires.

L’Université de Moncton recevra 5,3 millions $ sur une période de 10 ans afin de permettre à 25 personnes par année de s’inscrire au programme passerelle. L’Université du Nouveau-Brunswick, à Saint-Jean, recevra le même montant pour offrir 24 places par année.

Un premier groupe d’étudiants entamera leurs études en janvier 2020.

«Le financement annoncé est pour financer ces 25 places. Jusqu’à présent, l’Université de Moncton réussissait à offrir quelques places par année avec ses propres moyens. Maintenant, le gouvernement va nous appuyer financièrement», souligne Jacques-Paul Couturier, recteur par intérim de l’Université de Moncton.

«Ça va permettre aux gens qui ont déjà une première formation de 2 ans de compléter leur baccalauréat, mais sans devoir recommencer à zéro.»

Puisque la pénurie provinciale concerne principalement les infirmières immatriculées, M. Couturier estime qu’il s’agit d’une solution parmi plusieurs pour combler les postes disponibles.

«Puisque ces personnes seront immatriculées, elles pourront effectuer certaines tâches supplémentaires en milieu hospitalier (comme distribuer des médicaments et effectuer des perfusions). C’est dans ce domaine qu’il y a une pénurie.»

Autres solutions

Le gouvernement provincial promet que d’autres mesures seront annoncées prochainement.

«L’université nous propose des solutions. Nous écoutons. Nous n’allons pas rejeter des solutions bonnes pour le Nouveau-Brunswick», dit Robert Gauvin.

Le recrutement à l’international fait partie des solutions envisagées. Jacques-Paul Couturier mise sur une nouvelle approche, soit de recruter des étudiants à l’étranger désirant s’inscrire dans le baccalauréat en sciences infirmières. Par la suite, un emploi au sein du Réseau de santé Vitalité seraient offerts aux diplômés.

«Plutôt que d’aller chercher des gens qui ont déjà été formés à l’étranger, nous proposons d’aller les chercher au point de départ. Nous disons: “formons-les ici”.»

Bien qu’aucune annonce n’a encore été faite à ce sujet, le vice-premier ministre Robert Gauvin s’est aussi dit préoccupé par l’examen NCLEX-RN, qui cause bien des maux de tête aux diplômés francophones depuis son entrée en vigueur en 2015. Cet examen vise à évaluer les futurs infirmiers et infirmières, mais la qualité de traduction a été critiquée à maintes reprises ainsi que le manque de ressources de préparation en français.

Selon l’Université de Moncton, 64% des futures infirmières ont réussi l’examen du premier coup en 2018. Le taux de réussite la même année était de 84% à l’Université du Nouveau-Brunswick.

«C’est quelque chose qui nous préoccupe. On doit, en tant que province, offrir les services dans les deux langues officielles. Ça prend du personnel en mesure de le faire. Les francophones ne doivent pas être désavantagés par ces examens. On a déjà eu des discussions et ça va se poursuivre.»