Un commentaire sur le chantier de Bas-Caraquet met Blaine Higgs dans l’embarras

Un commentaire du premier ministre Blaine Higgs au sujet du Centre naval du Nouveau-Brunswick à Bas-Caraquet durant la période de questions mercredi lui a valu une volée de bois vert de la part de l’opposition.

En pleine tirade sur le mauvais bilan économique du précédent gouvernement, M. Higgs s’en est pris aux libéraux pour leur gestion du dossier du chantier naval.

«Nous avons des gens à l’intérieur du système qui bâtissent des équipes pour travailler avec les communautés et reconstruire les communautés pour l’avenir au lieu de faire un dépôt à court terme comme à Bas-Caraquet où l’on a bâti un chantier naval pour faire compétition à notre chantier naval», a lancé le premier ministre.

M. Higgs a eu beau clarifier ses propos par la suite, il était trop tard pour les députés de l’opposition qui étaient déjà en train de se tourner vers Twitter pour exprimer leur mécontentement.

Puisque le Centre naval du Nouveau-Brunswick est la seule infrastructure du genre dans la province, quel est «notre chantier naval» auquel Bas-Caraquet fait concurrence?

«M. Higgs est-il le premier ministre de la province du Nouveau-Brunswick ou le premier ministre de Irving?!» a écrit la députée libérale de Caraquet, Isabelle Thériault.

«Pour qui travaille Blaine Higgs? Durant la période de questions, Higgs en a échappé une en disant que le chantier naval de Bas-Caraquet faisait concurrence à “notre chantier naval” en parlant clairement du chantier naval d’Irving», a publié le député Kevin Arseneau du Parti vert.

L’entreprise J. D. Irving Limited possède un chantier naval à Halifax en Nouvelle-Écosse. M. Higgs a fait carrière au sein d’une autre entreprise de la famille Irving, Irving Oil.

En mêlée de presse après la période de questions, le premier ministre a expliqué qu’il parlait de la cale sèche flottante construite au centre naval de Bas-Caraquet par Groupe Océan.

Grâce à cette immense pièce d’équipement qui a été financée par les contribuables néo-brunswickois, l’entreprise québécoise est dorénavant en position de faire concurrence au chantier naval de Bas-Caraquet, a-t-il dit.

«C’est ridicule et c’était ça mon point. Nous n’avons pas seulement bâti quelque chose dont nous n’avons pas besoin, mais quelque chose qui va nous faire concurrence. Ce n’est pas logique», a indiqué Blaine Higgs.

Après avoir entendu les explications de M. Higgs, Isabelle Thériault en a déduit qu’il est déconnecté des préoccupations des citoyens du nord de la province.

«Il faudrait peut-être que le premier ministre mette les pieds dans la circonscription pour s’apercevoir qu’une cale sèche, ce n’est pas un centre naval. Clairement, le premier ministre ne comprend pas les priorités des gens du Nord.»

Le Nouveau-Brunswick va récupérer l’argent investi dans la construction de la cale sèche grâce aux frais de location que le Groupe Océan devra lui verser, a rappelé la députée.

Kevin Arseneau n’a pas non plus été convaincu par les précisions de M. Higgs.

«Sa réponse sonnait comme s’il patinait. Nous avons vu dans le discours du Trône qu’il n’y a aucune mention du Nord ou des régions rurales.»