Avortements: la Clinique 554 voit d’un bon oeil la nouvelle ministre de la Santé

Adrian Edgar, directeur médical de la Clinique 554, espère de tout cœur que la nouvelle ministre de la Santé, Patty Hajdu, arrive au secours de l’unique clinique privée qui pratique des avortements au Nouveau-Brunswick. Il souhaite toutefois que Blaine Higgs change d’avis et décide de rembourser les avortements hors hôpitaux.

La Clinique 554 a annoncé sa fermeture imminente en octobre. Elle est aux prises de difficultés financières, dues au refus du gouvernement Higgs de financer les avortements réalisés à l’extérieur des hôpitaux de la province.

La clinique n’a pas eu d’autre choix de mettre en vente la bâtisse. Aucune date butoir n’a été annoncée. Dans ce cas-ci, la Loi sur la santé impose au propriétaire de l’établissement d’avertir ses patients 90 jours à l’avance. Cette procédure sera lancée lorsqu’un acheteur signera l’acte de vente.

Ce centre qui offre aussi des services pour la communauté LGBTQ s’est taillé une place au cœur de la dernière campagne électorale. M. Trudeau a rappelé à Blaine Higgs que la province se doit de financer les avortements pratiqués en dehors des hôpitaux en vertu de la Loi fédérale sur la santé.

La nouvelle ministre de la Santé, Patty Hajdu, assermentée mercredi, offre une lueur d’espoir au médecin spécialiste de la santé reproductive.

«La nouvelle ministre de la Santé est très prometteuse. Elle a beaucoup travaillé avec des gens ancrés dans la pauvreté», dit Adrian Edgar.

Thierry Bélair, attaché de presse pour le bureau de la ministre, a réitéré la position du gouvernement libéral par courriel.

«Notre gouvernement va toujours défendre le droit des femmes de choisir. Nous allons utiliser tous les outils possibles pour les défendre, y compris ceux prévus par la Loi canadienne sur la santé.»

Le médecin aspire avant tout à ce que Blaine Higgs revienne à la raison.

«Mais j’ai confiance que s’il continue d’abandonner les patients, le gouvernement fédéral interviendra», lance-t-il.

Le premier ministre Higgs a déclaré dans une entrevue avec le journal Globe and Mail, mercredi, qu’il ne croit pas que la province a enfreint la Loi fédérale sur la Santé en refusant de financer les avortements hors des hôpitaux.

M. Higgs a assuré que les services d’interruption de grossesse offerts dans les trois hôpitaux situés à Moncton et à Bathurst répondent aux besoins de la communauté.

«Ça ne satisfait pas les besoins, sinon je ne travaillerais pas chaque semaine avec des patients qui ne peuvent pas se rendre à l’hôpital», a répliqué le Dr Edgard.

Le gouvernement provincial ne respecte pas la Loi fédérale sur la santé. Ses politiques discriminent les femmes, accuse le médecin.

La présidente du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick Lyne Chantal Boudreau se rappelle bien des promesses de M. Trudeau.

Si Blaine Higgs ne change pas de cap, elle a bon espoir que le gouvernement libéral utilisera la Loi fédérale sur la santé pour maintenir la Clinique 554 en vie.

«Nous nous attendons que cet engagement-là soit respecté dans les plus brefs délais.»

Elle réclame un meilleur accès à l’avortement aux quatre coins de la province.

«On reçoit des témoignages qui nous indiquent un manque d’accès. Les gens doivent voyager pour se faire avorter.»

Les femmes qui vivent en région rurale et qui ont besoin d’une interruption volontaire de grossesse sont laissées pour compte.

Lorsqu’elles doivent faire trois ou quatre heures de route pour obtenir un avortement, un droit fondamental est remis en question, selon elle.

«Les femmes n’habitent pas toutes autour de Moncton, Bathurst et Fredericton.»