Égalité santé en français se prépare à une longue lutte judiciaire

Deux mois après la reprise de procédures judiciaires contre le gouvernement, le président d’Égalité santé en français fait le point sur l’état des services de santé en français.

Égalité santé en français (ÉSF) poursuit le gouvernement provincial pour que la gestion du Réseau de santé Vitalité appartienne à la communauté de langue française dans la province.

En préparation au procès, l’organisme lance une collecte de fonds pour financer ses frais juridiques, qu’il estime à quelques centaines de milliers de dollars.

Même si cette lutte pourrait être longue, le Dr Hubert Dupuis, président d’ÉSF, demeure optimiste.

«C’est certain que du côté du gouvernement, son objectif est de nous épuiser, de faire en sorte qu’on n’aura pas d’argent pour qu’on abandonne la poursuite. On ne va pas abandonner», dit Hubert Dupuis.

ÉSF milite notamment pour mettre fin à l’ingérence du ministre de la Santé dans la gestion du réseau.

Ils veulent aussi que le PDG du réseau soit élu par le Conseil d’administration, qui serait à son tour élu par la population.

Selon Hubert Dupuis, président d’Égalité santé en français, le refus des gouvernements Gallant et Higgs d’acquiescer aux demandes de son organisme lui rend la tâche ardue.

«Les institutions francophones de santé stagnent et on n’est certainement pas en train d’atteindre l’égalité», dit Hubert Dupuis après une conférence de presse à Moncton.

ÉSF avait entamé cette poursuite contre le gouvernement provincial de Brian Gallant en 2017. Elle avait été suspendue par l’organisme en février 2019 puisque le gouvernement avait accepté de tenir des rencontres pour discuter du dossier.

En septembre, à la suite d’une rencontre avec le ministre de la Santé Hugh Flemming, Hubert Dupuis déclarait que les négociations étaient dans une impasse puisque le gouvernement n’avait pas répondu aux demandes de l’organisme.

«Je pense que ça va prendre un juge et un tribunal pour faire comprendre au gouvernement du Nouveau-Brunswick que les francophones ont le droit d’avoir leurs institutions et de les gouverner, et que ce n’est pas le ministre de la Santé qui doit les gérer.»

William LaPlante, médecin-urologue à la retraite et trésorier d’Égalité santé en français, trouve que les services de santé en français ont reculé dans les dernières années.

«On a perdu de l’expertise, par exemple en génie médical. On a perdu l’extra-mural, qui a été privatisé, alors que la grande majorité de la population francophone et anglophone était contre la privatisation. Non seulement on n’a pas la gestion de ce système, mais il n’en reste plus grand chose.»