Médavie ÉduSanté songe à former à son tour des ambulanciers au Restigouche

L’organisation Médavie ÉduSanté évalue en ce moment la possibilité d’ouvrir un campus satellite dans le Restigouche afin d’y offrir son cours de Soins primaires paramédicaux, donc en somme pour former des ambulanciers.

Lors de la dernière réunion publique du conseil municipal de Dalhousie, le maire de l’endroit a évoqué la possibilité que cette organisation s’implante dans la région le temps d’une cohorte ou deux dans ce domaine.

Médavie ÉduSanté cherche un local pour offrir ses cours. Elle souhaite aussi mettre la main sur 15 à 25 étudiants avant de lancer son programme. Dalhousie serait dans la course pour l’obtention de ce programme.

«Ce serait excellent pour notre municipalité, mais surtout une belle occasion de s’attaquer au manque d’ambulanciers dans notre région. Il y aurait une douzaine de postes d’ambulanciers à pourvoir dans notre secteur. Il y a donc un besoin urgent et cette formation pourrait y répondre», croit le maire Normand Pelletier.

Celui-ci estime que cette volonté de Médavie ÉduSanté survient à un bon moment, soit dans la foulée de l’annonce de la fermeture de la Fonderie Brunswick.

«Il y a plusieurs personnes de notre coin qui travaillent là-bas et qui se retrouvent sans emploi. Devenir ambulancier, ce n’est pas fait pour tout le monde. Mais ce pourrait être une option intéressante pour certains d’entre eux d’embrasser un changement de carrière, une alternative afin de demeurer dans leur région», estime M. Pelletier.

Médavie ÉduSanté offre ce cours en français à Tracadie et en anglais dans la région de Moncton.

Une formation similaire est déjà offerte en français au Restigouche, mais par l’entremise du Collège communautaire de Campbellton. Afin de ne pas empiéter dans les plates-bandes du collège, Médavie ÉduSanté envisage du coup d’offrir son cours en anglais.

Institutrice en chef du programme actuellement offert à Tracadie, Isabelle Richard-Basque confirme que la région du Restigouche est dans la mire de son organisation.

«Il y a des pénuries d’ambulanciers de nos régions rurales du Nouveau-Brunswick et on trouve qu’une des bonnes approches pour y remédier, c’est d’aller offrir des formations sur place. C’est plus facile, plus commode, pour les étudiants puisqu’ils n’ont pas à se déplacer dans les grands centres pour être formés. Il faut dire que certains ont déjà des obligations familiales ou sont en pleine réorientation de carrière», indique-t-elle.

Elle note au passage que les travailleurs formés en région ont davantage tendance à y demeurer par la suite.

«De notre classe de 2008 (à Tracadie), 64% des diplômés travaillent toujours dans ce domaine dans le nord de la province. Pour celle de 2005, c’est 89%. C’est énorme comme statistique et ça démontre bien la pertinence d’aller là où sont les besoins», dit-elle.

La formation proposée en est une de 44 semaines, dont six mois de théorie en classe, 460 heures de pratique en ambulances, 120 heures additionnelles en hôpital et une douzaine en foyer de soins.

«On est actuellement en train d’étudier la faisabilité d’offrir cette formation au Restigouche, et on aimerait vraiment que ça se concrétise puisqu’il y un réel besoin. Les élus à qui nous avons parlé semblent emballés par l’idée», souligne Mme Richard-Basque.

Selon elle, la formation pourrait voir le jour rapidement advenant un intérêt marqué de la part de futurs étudiants.