La maison solaire de Baie-Verte

Au premier abord, la petite maison de bois de Marc Spence et Ghita Levin n’a rien de spécial, mais l’oeil est parfois trompeur.

Pour les propriétaires de cette maison solaire, les grosses factures d’électricité sont une époque révolue.

Lorsqu’ils ont construit leur demeure à Baie-Verte, située en bordure de la frontière néo-écossaise, ils ont opté pour de grandes fenêtres épaisses et des murs bien isolés afin de profiter au maximum de leur poêle à bois.

Ils avaient dans l’idée de réduire leur facture d’électricité, mais surtout de minimiser leur empreinte écologique.

«On a commencé à songer à ça dans les années 1980, on se souciait de notre consommation d’énergie. On voulait faire notre part», dit Marc Spence en entrevue.

Ce n’est que quelques années plus tard qu’ils ont décidé d’installer un panneau solaire sur le toit de la remise.

Pendant quelques mois en été, ils produisent plus d’énergie qu’ils en utilisent. Ils sont tout de même connectés au réseau d’Énergie NB, de sorte qu’ils ne sont jamais à court de courant, même en hiver.

Selon Ghita Levin, leur facture d’électricité se chiffre à 60$ par mois, en moyenne.

Pour eux, les avantages de l’énergie solaire sont évidents.

«Il n’y a pas de raison de ne pas le faire. L’énergie renouvelable à domicile, c’est la meilleure façon de réduire nos émissions de carbone. On utilise presque tous de l’énergie, mais ce n’est pas tout le monde qui en produit», dit Marc Spence.

Son panneau solaire lui permet même de recharger son véhicule électrique à l’année longue.

En nous faisant visiter sa demeure, il insiste sur un aspect en particulier: une fois construit, le coût de maintenance est minime et l’entretien ne demande pratiquement aucun effort. Il suffit d’enlever la neige du panneau en hiver, selon lui.

Efficaces, mais toujours rares

Ayant acquis de l’expertise dans le domaine au fil des années, Marc Spence aide maintenant à construire ce genre de maison. Il travaille pour une petite coopérative qui en fait sa mission, EnerGreen builders, à Sackville.

Malgré la réduction progressive des coûts des panneaux solaires et les avantages qu’ils peuvent avoir, Marc Spence constate que l’attrait pour ce genre de construction demeure plutôt faible.

«Il s’agit toujours d’une minorité de gens qui s’y intéressent. La minorité grandit, mais c’est toujours une minorité.»

Il faut dire que ce n’est pas toujours simple à installer. Marc était chanceux, et le toit de sa remise était déjà orienté vers le soleil. Sans ça, il aurait fallu installer une monture.

Il estime par contre que les choses s’améliorent: dans les 30 dernières années, les normes ont changé, et les maisons sont généralement mieux isolées, et donc moins énergivores.

Quant à l’énergie solaire, il estime que soit les gens ne sont pas au courant des avantages, soit ils hésitent à faire le saut.

«Les priorités sont parfois un peu déformées. Les gens songent à leur cuisine à 60 000$, mais pas nécessairement à leur consommation d’énergie.»

Énergie NB offre des incitatifs aux personnes qui veulent construire une maison écoénergétique ou qui veulent rénover leur maison pour réduire leur consommation d’énergie.

Cependant, Marc Spence croit que plusieurs personnes ne sont pas au courant de ces incitatifs.

«Je crois que les gouvernements doivent faire un meilleur travail de promouvoir les différents moyens de réduire notre empreinte écologique. Ça devrait être une priorité d’en parler à ceux qui se construisent une maison», dit-il.