Le Centre naval du Nouveau-Brunswick est déjà déficitaire

Les récentes décisions du gouvernement Higgs concernant le Centre naval du Nouveau-Brunswick, à Bas-Caraquet, ont déjà des répercussions. Un déficit de 105 296$ a été accusé entre avril 2018 et mars 2019, apprend-on dans des documents obtenus par l’Acadie Nouvelle en vertu de la Loi sur le droit à l’information et la protection de la vie privée.

Une analyse permet de détecter assez facilement la source principale du déficit. Entre avril 2018 et mars 2019, la province a versé 853 402$ au Centre naval. En comparaison, un montant de 1 895 126$ a été accordé entre le 1er avril 2017 et le 28 février 2018.

En juin 2019, le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs a fait savoir qu’il n’avait plus l’intention de soutenir financièrement le chantier naval de Bas-Caraquet, qui appartient à la province depuis 2016.

Afin de soutenir la croissance du chantier naval, des gouvernements provinciaux précédents ont injecté plusieurs millions dans le développement du site. Depuis 2015, la province, par le biais de la Société de développement régional, a investi environ 30 millions $ à Bas-Caraquet.

M. Higgs avait notamment déclaré que certains investissements correspondaient à un abus de l’argent des contribuables. Selon lui, les fonds publics ont été utilisés pour construire une pièce d’équipement, une cale sèche flottante, qui permet au Groupe Océan, une entreprise québécoise, de faire compétition au chantier naval.

Groupe Océan, qui a depuis quitté le Nouveau-Brunswick après un conflit judiciaire avec la province, demandait des investissements de 5 millions $ pour la construction d’une rampe de halage d’une capacité de 600 tonnes pour pouvoir miser sur de plus gros contrats.

Même si le fédéral était prêt à investir 4 millions $, soit environ 80% de la facture totale, la province ne souhaitait pas s’engager à investir la différence.

Hausse des dépenses

Les dépenses du Centre naval ont également grimpé de façon significative. Au cours de la dernière année fiscale, elles ont atteint 1 550 672$. L’année précédente, elles se chiffraient à 579 092$.

Plusieurs facteurs semblent expliquer cette augmentation majeure. Par exemple, des dépenses de 580 434$ pour la réparation, l’entretien et des projets ont été occasionnées au cours de la dernière année, contre 112 377$ en 2017-2018. Un montant de 243 075$ a été payé pour les salaires, sous-traitants et avantages sociaux, contre 128 518$ l’année précédente.

«Les dépenses encourues durant cette période comprennent des coûts associés à certaines exigences inscrites dans les contrats de location avec nos locataires. Pour la suite des choses, nous avons commencé à imposer des frais pour des abris temporaires se trouvant sur le site. Nous avons aussi commencé à travailler sur le dossier de l’édifice laissé vacant par le Groupe Océan», explique Bruce Macfarlane, directeur des communications à la Société de développement régional.

Pistes de solution

Même si le gouvernement Higgs a changé son fusil d’épaule, l’espoir subsiste à Bas-Caraquet et à Caraquet. Chaque année, les deux municipalités versent 80 000$ pour soutenir l’infrastructure. Un nouveau plan d’affaires a aussi été déposé à Fredericton en novembre.

Ni le maire de Bas-Caraquet, Roger R. Chiasson ni Marc Duguay, directeur général de la Ville de Caraquet, ne souhaitaient trop s’avancer sur le déficit.

«Comme ça nous n’appartient pas, nous n’avons pas à nous ingérer dans leur gestion des revenus et des dépenses d’opération», dit Roger R. Chiasson.

«Malgré des résultats financiers inférieurs à la période précédente, nous avons confiance que le gouvernement provincial croit au potentiel économique du Centre naval dans la région, mais que les efforts doivent dorénavant être concentrés pour privilégier les entrepreneurs locaux ou provinciaux», ajoute-t-il.

Un nouveau comité composé de personnes de Bas-Caraquet et de Caraquet a été formé au cours des derniers mois. Son objectif principal est de rétablir les 37 emplois perdus dans la région depuis le départ du Groupe Océan.

Le comité cherche aussi à adapter les installations sur place pour que les autres entrepreneurs puissent se développer davantage.

«Le gouvernement a reconnu l’existence et le rôle que s’est donné le comité Bas-Caraquet/Caraquet. Le comité, qui s’est rencontré de façon hebdomadaire a bien entendu aussi tenu plusieurs rencontres avec le premier ministre, des sous-ministres, des fonctionnaires et d’autres intervenants pour l’évolution du dossier.»

Le comité espère obtenir des nouvelles sous peu.

«Comme le comité met tout en œuvre pour identifier des scénarios, des pistes de solution et des suggestions au gouvernement provincial. Nous leur avons déposé un plan d’affaires la semaine passée. Nous espérons recevoir des nouvelles sous peu et nous ne pouvons malheureusement pas vous fournir plus de détails sur ce document.»