Les réseaux de la santé souhaitent obtenir «le contrôle des foyers»

L’idée de placer les foyers de soins sous la juridiction du ministère de la Santé et des réseaux de la santé fait son chemin à Fredericton.

Selon le président-directeur général du Réseau de santé Vitalité, Gilles Lanteigne, ce changement faciliterait le transfert des personnes âgées qui demeurent à l’hôpital en attente d’une place en foyer de soins.

Les réseaux de la santé aimeraient notamment prendre en main l’évaluation des personnes âgées et leur admission en foyer de soins pour accélérer le processus de transition.

«Quand tu mets ça bout à bout, ça prend beaucoup de temps. Nous avons l’expertise pour faire tout ça d’une façon intégrée. Au lieu de prendre une cinquantaine de jours, nous pourrions faire ça dans un délai beaucoup, beaucoup plus rapide.»

La congestion des hôpitaux causée par la présence des personnes âgées en attente d’une place en foyer de soins est un sérieux problème pour le système de la santé, selon M. Lanteigne.

C’est d’ailleurs en partie ce qui a provoqué la récente crise à l’Hôpital régional de Campbellton. Même si la situation s’est améliorée dans les derniers jours, 43% des lits à Campbellton étaient toujours occupés vendredi par des patients qui devraient plutôt être dans un foyer de soins.

«C’est sûr que ça nous empêche de fonctionner normalement, mais la pire des choses dans tout ça, c’est que ce n’est pas bon pour la personne de rester à l’hôpital quand elle a besoin d’autre chose», affirme M. Lanteigne.

«En ayant le contrôle des foyers, on pourrait assurer que (le transfert) se fasse plus rapidement et plus harmonieusement pour la personne.»

La présidente-directrice générale du Réseau de santé Horizon, Karen McGrath, est du même avis que son homologue du réseau francophone. Les deux dirigeants ont déjà partagé leurs idées avec le ministre de la Santé, Ted Flemming.

«C’est une question sur laquelle il faut se pencher et je pense que le plus tôt sera le mieux. C’est ce que je fais, c’est ce que mon ministère fait. En fin de compte, ça sera une décision du cabinet ou du premier ministre, mais le ministère de la Santé étudie la question en ce moment», assure M. Flemming.

Le Nouveau-Brunswick est la seule province canadienne dans laquelle les foyers de soins sont sous la juridiction du ministère du Développement social plutôt que du ministère de la Santé.

Il ne s’agit toutefois pas d’une raison suffisante pour changer les choses, selon la ministre du Développement social, Dorothy Shephard.

«Je ne suis pas convaincue que le fait de confier (les foyers de soins) aux réseaux de la santé améliorerait les choses. Cela n’a pas été prouvé partout au Canada», dit-elle.

«Toutes les questions et les priorités au sein du gouvernement chevauchent plusieurs ministères. Je me fiche d’où c’est, je veux juste que ça marche.»

Selon la députée Megan Mitton du Parti vert, on devrait débattre de l’idée publiquement plutôt que de laisser la prise de décision au cabinet et aux réseaux de la santé.

«J’ai certaines inquiétudes à ce sujet, mais j’aimerais voir un vrai débat là-dessus. Peut-être qu’un comité pourrait étudier sérieusement la question.»

Même si les foyers de soins sont financés par le public et sont sous la juridiction du ministère du Développement social, chaque établissement est indépendant du gouvernement.

Certains sont la propriété de l’entreprise privée alors que d’autres sont sous la responsabilité d’un conseil d’administration issu de la communauté.

Afin que le transfert du Développement social vers le ministère de la Santé et les réseaux de la santé soit un succès, le modèle de gouvernance des foyers de soins devrait d’abord être revu, selon Gilles Lanteigne.

«Je n’ai pas le modèle dans ma tête. Ça va être au ministère de la Santé de déterminer comment la responsabilité va être assumée par les réseaux par la suite», avance le PDG de Vitalité.