Tarifs variables: Énergie NB en réflexion

La Commission de l’énergie et des services publics Nouveau-Brunswick a relancé les discussions à propos des tarifs variables de l’électricité pour les particuliers. Elle a organisé trois ateliers entre juin et septembre avec les parties prenantes. Une société de conseil en a fait un rapport.

«Nous n’en sommes qu’à la théorie en ce moment, relate le porte-parole d’Énergie NB, Marc Belliveau, à propos des réflexions sur les tarifs variables de l’électricité pour les particuliers. Nous n’avons pas encore prévu d’échéance.»

La prochaine réunion de la Commission de l’énergie et des services publics Nouveau-Brunswick (CESP) à ce sujet aura lieu le 17 décembre. The Brattle Group, une société de conseil américaine, y présentera son rapport à propos des trois ateliers organisés de juin à septembre. Ces réunions ont réuni des représentants de l’industrie et des particuliers, notamment.

Il existe plusieurs types de tarifs d’électricité variables. Il peut s’agir de la variation saisonnière d’un prix, plus petit en été lorsque la demande est faible et plus grand en hiver lorsque la consommation est forte.

Les prix pourraient aussi changer au cours d’une même journée, selon une logique similaire.

«Les coûts seraient plus élevés à 7h du matin quand tout le monde se douche et grille ses toasts, ainsi que le soir pendant le souper, explique M. Belliveau. Si tu veux laver ton linge à ces heures-là, on te demandera plus d’argent que si tu le fais à un autre moment. Ça change les habitudes du monde.»

De vieilles discussions

La Commission de l’énergie et des services publics N.-B. a demandé à Énergie NB de conceptualiser de nouveaux tarifs dès août 2016.

«Il y avait eu beaucoup de discussions à ce propos durant les années précédentes», se souvient la greffière en chef de l’organisme public, Kathleen Mitchell.

La société de la Couronne a toutefois demandé à mettre en pause ses réflexions en 2017. Avant qu’une décision soit prise, elle a voulu effectuer une requête d’investissement pour installer des compteurs intelligents dans la province.

Ces appareils faciliteraient la mise en place d’une tarification variable. Énergie NB doit attendre jusqu’à janvier 2020 pour savoir si elle pourra les acheter. La CESP a tout de même décidé de relancer les réflexions sur de nouveaux tarifs l’été dernier.

Plus d’équité

Les auteurs du rapport de The Brattle Group soulignent que les prix saisonniers de l’électricité sont équitables, car ils correspondent aux coûts assumés par Énergie NB durant les différentes saisons de l’année.

«Ils ont été mis en œuvre par des services publics sans compteurs électriques intelligents depuis plus de 40 ans», précisent-ils.

Un article paru en 2010 dans le magazine Fortnightly certifie par ailleurs que les prix variant au cours d’une journée permettent aux utilisateurs de faire des économies sur leurs factures d’électricité en changeant leurs habitudes.

Il assure aussi que ces tarifs donnent la possibilité aux distributeurs publics de retarder l’investissement dans de nouvelles centrales. Énergie NB a avancé de surcroît en août dernier qu’ils lui éviteraient d’acheter trop d’énergie des provinces voisines. Ces tarifs diminuent en effet les pics de consommation lors desquels les capacités provinciales sont surpassées.

«Au moins une partie prenante s’est dite préoccupée par le fait que les clients qui verront la plus forte augmentation de leur facture puissent être les personnes à faible revenu ou les gens âgés», écrivent les auteurs du rapport de The Brattle Group.

Faibles revenus avantagés

Une étude menée par la société de conseil en 2011 réfute cette hypothèse.

«Une évaluation empirique de cette spéculation a montré que les personnes à faible revenu économiseraient tout de suite de l’argent sur leur facture d’électricité grâce à une tarification variable, décrit l’auteur. Même sans changement dans leurs habitudes de consommation d’électricité, plus de la moitié d’entre eux en ont bénéficié.»

En janvier 2019, des clients d’Énergie NB ont été stupéfaits par le montant mensuel de leur facture d’électricité. L’une d’elles s’élevait à 700$. Ces coûts étaient au moins en partie liés à des températures particulièrement froides. Qu’en aurait-il été avec des tarifs saisonnalisés plus chers en hiver?