LAN de l’espoir: des amateurs de jeux vidéo luttent contre le cancer

Des câbles sillonnent les trois étages du pavillon Rémi-Rossignol, à l’Université de Moncton, alors que des groupes de jeunes ont les yeux rivés sur leurs écrans d’ordinateur. Il s’agit du LAN de l’espoir, une compétition de jeux vidéo au bénéfice de l’Arbre de l’espoir.

Un LAN (de l’anglais Local area network, réseau internet local) est un lieu de rencontre d’amateurs de jeux vidéo. Bon nombre d’entre eux y viennent pour participer à des tournois de leur jeu favori.

C’est le cas de Michael Thibodeau, qui est venu de Fredericton avec ses amis pour l’occasion. Son équipe, Figure 8 Esports, s’est décrochée quelques commanditaires et tente de se faire un nom dans l’univers du jeu Counter Strike: Global offensive, un jeu de tir en équipe.

Malgré l’aspect compétitif du jeu, il explique que le but principal est toujours de se divertir et de contribuer à la cause.

«On vient ici pour jouer pour le plaisir. On est assez sérieux normalement, mais on vient ici pour s’amuser. Qu’on perde ou qu’on gagne, on donne à la charité», dit-il.

Le programmeur Andy Couturier organise ce genre d’activité depuis maintenant six ans. Depuis ses débuts, l’événement permet de verser de l’argent à l’Arbre de l’espoir. Il espère leur offrir 1500$ cette année.

«Au début, les conseils étudiants de la faculté des sciences se faisaient compétition pour voir qui pouvait donner le plus à la collecte de fonds de l’Arbre de l’espoir.»

C’est ainsi que le département d’informatique s’est lancé dans l’organisation de cette compétition amicale de jeux vidéo.

Andy Couturier explique que les profits réalisés par la vente de pizza et de billets d’entrée serviront à bonifier la levée de fonds de l’Arbre de l’espoir.

Pour beaucoup de participants, il s’agit d’une occasion de voir des amis qu’ils n’ont jamais eu la chance de rencontrer, selon Andy Couturier.

«Un LAN party en personne, ça brise la barrière impersonnelle du jeu vidéo en ligne. Au lieu de parler par système vocal ou par chat, on peut rencontrer le monde, leur serrer la main. Après les matchs, on voit souvent les joueurs se parler ensemble. Ils vont vraiment converser avec l’équipe adverse, ce que t’as jamais vraiment l’occasion de faire en ligne.»

Kyra Garden, de Saint-Jean, se pratique avec son équipe avant le début du tournoi. Elle n’a pas hésité à faire le trajet pour venir jouer avec ses cinq coéquipiers dont elle vient de faire la connaissance.
«On vient de former notre équipe il y a une semaine», dit-elle d’emblée.

Kyra Garden joue à un jeu de tir compétitif en équipe. Elle estime que le jeu compétitif sur le web attirait surtout les hommes autrefois, mais que de nos jours, les femmes y sont beaucoup plus présentes qu’elles ne l’étaient.

Si les femmes sont moins nombreuses que les hommes dans ce milieu, c’est parce qu’il n’est pas toujours accueillant.

Bien qu’on ne l’ait jamais directement insultée, Kyra Garden explique qu’il est assez courant pour les femmes d’être victimes de misogynie lorsqu’elles jouent en ligne.

«Je crois que la perception a beaucoup changé ces dernières années. Avant, c’était un milieu aliénant pour les femmes, mais maintenant, c’est plus courant de rencontrer des femmes en ligne.»

Catherine Roy-Comeau, une habituée du LAN de l’espoir, explique que les femmes peuvent parfois ressentir de la pression lorsqu’elles jouent sur le web.

«Quand on joue en ligne, c’est avec des personnes de différents niveaux, de différentes humeurs et états d’âme. Je trouve ça stressant, parce que tu peux tomber sur quelqu’un de super compétitif qui va chialer et te mettre la pression parce que t’es pas assez bonne. En tant que femme, c’est sûr que ça peut ajouter une pression de plus.»

Quand ça arrive, elle décide par contre d’en faire abstraction. Elle avance que de toute façon, ces pressions s’évaporent lorsque l’anonymat est brisé et que les joueurs se rencontrent, comme c’est le cas au LAN de l’espoir.

«Je ressens beaucoup moins de pression ici. Les interactions en ligne sont vraiment différentes qu’en personne. Par exemple, je ne pense pas que personne viendrait m’insulter en public», dit-elle.