«Un heureux problème» pour la nouvelle ferme verticale de Saint-Léolin

Les propriétaires de la nouvelle ferme verticale de Saint-Léolin sont aux prises avec un heureux problème. L’engouement dans la région pour des légumes frais en plein hiver est plus fort que prévu.

Ce week-end, l’entreprise EnoGrow, située à l’intérieur de l’ancienne école Le Maillon, était ouverte au public pour la première fois.

Une variété de micropousses et de laitues cultivées à l’intérieur de l’ancienne école Le Maillon sur des structures verticales ont été mises en vente. Au lieu du soleil, les plantes sont nourries avec les rayons de lampes DEL. Le niveau d’humidité et l’ajout de nutriments sont contrôlés.

«Nous étions un peu à l’avance sur notre horaire, mais c’était la première fois que nous mettions nos produits à vendre. Nous nous attendions à pouvoir les vendre à partir de la semaine prochaine ou de la semaine suivante, mais ça pousse tellement vite. Nous sommes maintenant aux prises avec un heureux problème, car tout a été vendu samedi», explique Daniel Ratté, copropriétaire de l’entreprise avec sa conjointe, Chantal Ratté.

Bien qu’ils soient seulement à leurs débuts, les entrepreneurs voient de leurs propres yeux, le désir grandissant pour des légumes frais, produits localement, même dans une région comme la Péninsule acadienne où les hivers sont longs et les étés sont de courte durée.

Pour Daniel Ratté, l’éclosion récente d’une infection à E. coli liée à la laitue romaine provenant de la Californie demeure un bon exemple des risques à encaisser lorsque nous dépendons de la production de légumes provenant d’une région précise dans le monde.

«Ici, on ne peut pas avoir plus frais. Quand les gens étaient chez nous samedi, il fallait leur dire que ça va prendre quelques minutes pour chercher leurs produits. D’abord, c’était parce que c’était notre première fois, donc l’équipe n’était pas tout à fait rodée, mais aussi, chez nous, c’est l’équivalent de courir dans le champ pour aller cherche une tête de salade directement.»

Bien qu’ils soient originaires du Québec, Daniel et Chantal Ratté ont habité aux États-Unis pendant plusieurs années avant de se lancer en affaires dans la Péninsule acadienne, cet automne. En peu de temps, le contexte a évolué rapidement.

Des épiceries locales souhaitent déjà vendre des produits provenant de la ferme verticale. Les entrepreneurs ont aussi été approchés par des restaurateurs intéressés à ajouter plus de produits locaux à leurs menus.

«Mais au moment où on se parle, il va nous falloir plus d’équipement pour fournir à la demande. C’est un heureux problème pour des entrepreneurs, le défi c’est de trouver les fonds nécessaires pour investir dans de nouvelles pièces d’équipement et ainsi de suite.»

Des rencontres sont prévues cette semaine avec des représentants du gouvernement provincial afin de possiblement trouver de nouvelles sources de financement. Des liens ont aussi été créés avec l’organisme Excellence NB, dont le mandat est de promouvoir des produits fabriqués dans la province.

«En bref, ça va très bien. Il va falloir ajuster notre production. Il va falloir commencer à penser à embaucher. Nous serons capables de fournir le marché local pendant un petit bout, mais il va falloir ajouter de l’équipement.»