Éoliennes: l’offre de Saint-Jean-Baptiste-Menneval jugée intéressante

La proposition du DSL de Saint-Jean-Baptiste-Menneval d’accueillir le controversé projet d’éoliennes d’Anse-Bleue fait son bout de chemin. Si bien en fait que le promoteur du projet entend étudier sérieusement ses options dans ce secteur.

Lorsqu’il a lancé l’idée d’accueillir les éoliennes d’Anse-Bleue, le président du DSL restigouchois, Burt Paulin, était on ne peut plus sérieux, mais ses attentes tout de même réalistes. Mais son audace semble payante. Depuis une semaine, son DSL est de nouveau sur la carte… des vents.

Quelques jours seulement après sa proposition, M. Paulin s’est retrouvé au bout du fil avec l’un des responsables de la compagnie Naveco Power, celle derrière le projet Chaleur Ventus.

«Il m’a confié être très intéressé par notre région. Il dit être au courant que celle-ci possédait un certain potentiel éolien, qu’une compagnie (Shear Wind) avait déjà démontré de l’intérêt par le passé et qu’il existe des études sur le sujet. Tout ça ensemble a été suffisant pour faire germer l’idée d’implanter un parc éolien non loin d’ici», explique M. Paulin.

Dans les faits, la compagnie a confié au président du DSL qu’elle allait mettre une équipe sur le coup, question d’évaluer le potentiel du site.

Réaliste, et surtout échaudé par les échecs passés, M. Paulin fonde toutefois des espoirs prudents d’obtenir des éoliennes, que ce soit celles d’Anse-Bleue ou d’ailleurs.

«Le projet d’Anse-Bleue est probablement trop avancé pour le changer de place à la dernière minute, notamment en raison des échéanciers. Toutefois, ce qui ressort de ma conversation avec le responsable de Naveco Power, c’est qu’il pourrait bien décider d’aller de l’avant ici avec un projet de plus grande envergure, ce qui serait encore mieux. D’une manière ou d’une autre – que ce soit l’équivalent du projet d’Anse-Bleue ou un autre projet –, on dit être intéressé à travailler avec nous pour peut-être développer quelque chose. C’est donc très positif», souligne M. Paulin.

Le projet Chaleur Ventus consiste en la construction de cinq turbines pour une capacité de production de 20 MW.

Coïncidence, la matinée même précédant cette entrevue, M. Paulin recevait un autre coup de fil intéressant, celui de la compagnie néo-écossaise Shear Wind, celle-là même qui avait imaginé et étudié la faisabilité d’un immense parc éolien dans sa communauté avant de finalement reculer.

«Ils m’ont contacté après avoir entendu parler de mon offre et m’ont signifié leur intérêt à jouer un rôle dans un éventuel projet ici, comme peut-être devenir partenaire avec l’entreprise Naveco Power. C’est donc très intéressant, car la semaine dernière encore personne n’était intéressé par notre vent, le dossier dormait depuis des années. Et là, d’un coup, ça s’est réveillé et nous avons deux entreprises qui regardent leurs possibilités», indique M. Paulin, loin toutefois de se bercer d’illusions.

«Pour le moment, ce ne sont que des mots, il n’y a rien de concret. Mais la porte est ouverte et ça, c’est la meilleure chose qui soit arrivée ici depuis un bon moment», dit-il.

Du côté de la Ville de Bathurst, partenaire du projet Chaleur Ventus, le maire, Paolo Fongemie, n’a pas voulu accorder d’entrevue directe à l’Acadie Nouvelle concernant ce dossier.

Dans un courriel,il a toutefois précisé «qu’étant un partenaire limité dans le projet Chaleur Ventus, la Ville de Bathurst n’a pas de droit de regard sur l’opération, l’emplacement ou la location des terrains. Tout aspect opérationnel relève du partenaire développeur du projet. Il ne nous est alors pas possible d’élaborer sur la question du site», souligne-t-il.