Développement économique: la province prend trop de risques

Malgré l’affaire Atcon, la province continue de prendre des risques excessifs avec l’argent des contribuables dans le cadre de ses efforts en matière de développement économique, selon la vérificatrice générale.

Kim MacPherson pointe notamment du doigt les investissements publics dans l’industrie du bleuet dans la Péninsule acadienne et dans le Centre naval du Nouveau-Brunswick à Bas-Caraquet.

Fredericton n’a pas retenu toutes les leçons de l’affaire Atcon, déplore Mme MacPherson dans son plus récent rapport publié mardi.

Malgré la promesse du gouvernement de mettre en oeuvre chacune de ses recommandations, la vérificatrice générale estime que «l’esprit» de certaines d’entre elles n’a pas été respecté en ce qui concerne l’industrie du bleuet et le chantier naval.

L’aide provinciale accordée dans ces deux dossiers frôle les 100 millions $, selon la vérificatrice générale.

Du côté de l’Acadian Wild Blueberry Company, une filiale de l’entreprise néo-écossaise Oxford Frozen Foods, Fredericton a consenti un total de 69 millions $ en aide financière depuis 2013 pour que l’entreprise s’installe dans la Péninsule acadienne.

Selon Kim MacPherson, cette aide financière représente une exposition «importante» au risque qui va à l’encontre de l’esprit de ses recommandations en lien avec Atcon.

Elle déplore aussi que le cabinet n’ait pas eu accès aux états financiers vérifiés d’Oxford Frozen Food, une autre recommandation en lien avec Atcon.

En échange du prêt, le propriétaire d’Oxford Frozen Foods a donné une garantie personnelle à titre de sûreté pour la province. Fredericton n’a jamais reçu de confirmation indépendante de la valeur de cette garantie, selon la vérificatrice, malgré une autre recommandation.

En ce qui concerne le Centre naval, la province a approuvé 29 millions $ en financement depuis 2009.

Contrairement aux recommandations de l’affaire Atcon, aucune évaluation des risques n’a été transmise aux décideurs avant la conclusion de l’entente pour sauver le chantier de Bas-Caraquet, indique Mme MacPherson.

De plus, plusieurs entités provinciales ont été impliquées dans la structure de financement de l’entente alors que la vérificatrice générale avait recommandé à la province de regrouper ces fonctions sous un seul organisme pour faciliter la surveillance et la reddition des comptes.

Dans le cas de la construction de la cale sèche flottante par le groupe Océan, la province s’est retrouvée à prendre seule l’ensemble des risques financiers, dénonce la vérificatrice générale.

«Nous avons constaté que les mesures de protection recommandées dans notre rapport sur Atcon n’ont pas été suivies dans le dossier du chantier naval de Bas-Caraquet», résume Kim MacPherson.

«Il y a une grande incertitude quant à la valeur que les contribuables néo-brunswickois ont tirée de l’investissement dans le chantier naval.»

Concernant l’aide financière aux entreprises de manière générale, la province continue à priver les citoyens d’informations essentielles, regrette la vérificatrice générale.

«À mon avis, il est inacceptable que les contribuables ne soient pas informés du montant total de l’aide financière accordée et des résultats de ce financement.»

La vérificatrice a tenu à souligner dans son rapport que ces critiques étaient dirigés vers la province et non vers les entreprises qui reçoivent son aide financière.