Enfants à risque: la vérificatrice générale sonne l’alarme

La vérificatrice générale dresse un sombre bilan de la situation dans les foyers de groupe pour jeunes du Nouveau-Brunswick.

Le ministère du Développement social a de plus en plus recours aux foyers de groupe pour les enfants pris en charge par l’État en raison du manque de famille d’accueil, selon Kim MacPherson.

La disponibilité des familles d’accueil a diminué de 30% en cinq ans.

Pendant la même période, le nombre d’enfants âgés de moins de 10 ans placés dans des foyers de groupes a augmenté de façon globale.

«L’augmentation récente du nombre d’enfants âgés de moins de cinq ans est encore plus préoccupante», indique Kim MacPherson dans son plus récent rapport présenté mardi.

Même si les jeunes enfants sont «mieux servis» ailleurs que dans les foyers de groupe, le manque de ressource rend les décisions de placement «difficiles».

Il est souvent nécessaire de placer les enfants en foyers de groupe parce que leurs comportements dépassent les capacités des familles d’accueil.

Toutefois, dans certains cas, une famille d’accueil pourrait mieux répondre aux besoins de l’enfant si elle était disponible.

Le placement d’un enfant en foyer de groupe coûte dix fois plus cher qu’en famille d’accueil, selon la vérificatrice générale.

«Nous estimons que pour chaque tranche de 10 enfants placés dans des familles d’accueil plutôt que des foyers de groupe, les coûts du ministère pourraient diminuer de 1,6 million $ par année.»

Le manque de places disponibles, autant en famille d’accueil qu’en foyers de groupe, oblige parfois le ministère à placer des enfants en dehors de leur communauté, ce qui peut nuire aux relations avec la famille, les enseignants, les médecins et les amis.

La région de Moncton envoie parfois des enfants à Saint-Jean alors que les jeunes de la région de Woodstock se retrouvent souvent à Fredericton, note Mme MacPherson.

Le ministère du Développement social n’a pas de stratégie spécifique pour régler ces problèmes, dénonce-t-elle.

Selon l’Association des services résidentiels pour jeunes du Nouveau-Brunswick, 521 employés ont quitté les foyers de groupe en deux ans alors que le secteur ne compte que 512 employés.

L’Association a confié à la vérificatrice générale que ce «roulement excessif» était dû à un manque de financement de la part du gouvernement pour offrir des salaires concurrentiels par rapport aux emplois similaires dans le système d’éducation et les garderies.

Les travailleurs sociaux et le personnel de garde n’ont pas toujours la formation de base requise, selon la vérificatrice générale.

La ministre du Développement sociale, Dorothy Shephard, assure que certaines choses ont déjà changé dans les foyers de groupe depuis l’enquête de la vérificatrice.

Le personnel des foyers de groupe a notamment reçu cette année une hausse de salaire de 2$ l’heure. Une nouvelle formation leur a également été donnée.

Fredericton vient aussi de compléter une campagne pour regrouper des familles d’accueil.

Mme Shephard souhaite faciliter l’accès à la formation  obligatoire pour les nouvelles familles d’accueil et n’exclut pas la possibilité d’augmenter l’aide financière à ces familles.

«C’est un défi en ce moment et nous allons explorer tout ce qui est possible pour augmenter le nombre de familles d’accueil», assure la ministre.

Les règlements qui accompagnent la nouvelle loi pour faciliter la prise en charge des enfants par un membre de la famille proche en cas d’incapacité des parents sont également sur le point d’être adoptés, indique Dorothy Shephard.