Au tour du Haut-Madawaska de s’intéresser au projet éolien d’Anse-Bleue

La Coopérative d’énergie renouvelable du Nord-Ouest (CERNO) est prête à saisir la balle au bond si jamais le projet éolien d’Anse-Bleue, dans la Péninsule acadienne, aboutit à une impasse. Tout est en place pour accueillir jusqu’à sept tours dans un parc de 28 mégawatts dans le secteur du DSL de Clair, soutient Paul-Émile Soucy.

Le président de la CERNO suit attentivement les aléas du dossier de Chaleur Ventus, de la compagnie Naveco de Fredericton. Avec l’aide financière de la Ville de Bathurst, cette entreprise prévoit installer cinq turbines dans la partie ouest du DSL d’Anse-Bleue, tout près du village de Grande-Anse.

Cependant, l’opposition s’est rapidement élevée contre cette initiative évaluée à 30 millions $. Les citoyens ont soumis une pétition contre le projet et certains sont même allés manifester leur désaccord devant l’édifice municipal de Bathurst récemment.

Depuis, un nouvel intervenant est apparu dans cette saga. Burt Paulin a invité Naveco à aller installer ses aérogénératrices au DSL de Saint-Jean-Baptiste-Menneval, dans le Restigouche.

Après ce plan B, il y a maintenant sur la table un plan C: celui de la CERNO.

«Nous sommes prêts, indique M. Soucy. Notre projet est toujours vivant. Nous avons les données, nous avons la firme d’ingénieurs, nous avons les municipalités du Madawaska membres à part entière de notre coopérative, tout comme des particuliers et quelques entreprises locales. Nous possédons même une partie du financement. Tout ce qu’il nous manque, c’est un contrat et un acheteur pour notre électricité.»

Le concept proposé par CERNO, dont la valeur est estimée à près de 60 millions $, avait été déposé sur les bureaux d’Énergie NB lorsque la société de la Couronne avait lancé son programme de production locale d’énergie renouvelable à petite échelle. Il n’avait cependant pas été retenu.

Pour M. Soucy, ce refus ne signifiait pas la mort du projet à l’époque et c’est toujours le cas aujourd’hui, assure-t-il.

«Nous avons rencontré Énergie NB deux fois et notre projet a été refusé deux fois. On va au moins attendre un troisième refus. Nous sommes même prêts à vendre notre électricité au-delà de la moitié moins chère qu’elle se vend aujourd’hui (environ 0,11$ du kilowatt). Nous avons toutes les municipalités du Haut-Madawaska de notre côté. Actuellement, il semble y avoir une entente avec Bathurst et nous respectons ça. Mais si jamais ça ne pouvait pas se concrétiser, nous sommes là», a rappelé M. Soucy, qui soutient que les données recueillies depuis deux ans par les anémomètres confirment que le vent est très bon dans le secteur visé par la CERNO.

À son avis, la communauté est davantage apte à accepter des tours éoliennes sur son territoire que des minicentrales nucléaires. Le Nouveau-Brunswick s’est récemment allié à l’Ontario et la Saskatchewan afin d’étudier plus attentivement cette option énergétique controversée.

«Pour les mini-centrales, il y aura de l’objection, c’est certain. Personne ne voudra ça près de sa cour. S’il faut choisir entre une tour de 200 mètres et une minicentrale nucléaire, tout le monde va prendre la tour. Parlez à n’importe quel expert et il vous dira que l’option des minicentrales n’est pas la bonne. Ici, nous avons un bon gisement éolien, et c’est ce qui décide de la rentabilité d’un projet. Nous allons aussi assurer de bonnes retombées pour nos communautés pendant la construction du parc et pour les 30 prochaines années», fait valoir le président de la CERNO.