Vérificatrice générale: Fredericton doit mieux surveiller le financement des universités

La vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick demande au gouvernement d’avoir davantage à l’oeil  le financement des universités publiques.

Le ministère de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail n’en fait pas suffisamment pour assurer que le quart de milliard qu’il envoie chaque année dans ces institutions donne les résultats escomptés, selon Kim MacPherson.

«Le ministère ne tient pas les universités (…) responsables du financement accordé», indique-t-elle dans son plus récent rapport publié mardi.

«Le ministère ne surveille pas l’utilisation de la majorité des fonds accordés aux universités.»

En 2017-2018, la province a versé 245 millions $ aux quatre universités publiques ainsi qu’au Collège de technologie forestière des Maritimes.

À titre d’exemple, l’Université de Moncton a reçu 80,1 millions $ du ministère de l’Éducation postsecondaire cette année-là, soit 51% de son budget total.

«Nous avons été surpris du manque de surveillance étant donné l’importance du montant que représente ce financement», indique Kim MacPerson.

En 2018, la province a signé un protocole d’entente de quatre ans avec les universités afin de leur fournir un financement pluriannuel.

Le protocole prévoit trois initiatives pour que les universités rendent des comptes au ministère, mais une seule d’entre elles a été mise en oeuvre jusqu’ici.

Les dirigeants des universités publiques ont comparu devant un comité de l’Assemblée législative pour répondre publiquement aux questions des députés.

Un conseiller indépendant devait réaliser un examen des mécanismes de reddition de comptes entre les universités et la province, ce qui n’a pas été fait, selon la vérificatrice générale.

Les parties n’ont pas non plus adopté d’indicateurs de rendements clés pour les universités comme la qualité de la formation, l’efficacité administrative, les inscriptions et les taux de diplomation.

«Le protocole d’entente n’a pas donné de meilleurs résultats en matière de reddition de comptes», constate Kim MacPherson.

La vérificatrice générale critique aussi sévèrement le programme de financement pour créer davantage de places dans les programmes de science infirmière à l’Université de Moncton et à l’Université du Nouveau-Brunswick.

De 2005 à 2018, Fredericton a versé 96 millions $ aux deux universités sans réussir à augmenter le nombre de places comme prévu.

L’an dernier, le ministre de l’Éducation postsecondaire, Trevor Holder, a mis fin au programme.

Mardi, le ministre a indiqué que le transfert des fonds aux universités dans le cadre de ce genre de programme se fera dorénavant seulement après l’atteinte des objectifs.

C’est notamment ainsi que fonctionne le nouveau programme d’étude pour transformer les infirmières auxiliaires en infirmières immatriculées.

«L’argent est seulement transféré lorsque la première année complète d’étude est terminée», indique Trevor Holder.

Le recteur par intérim de l’Université de Moncton, Jacques Paul Couturier, réagit «favorablement» aux recommandations de la vérificatrice générale.

L’U de M est prête à collaborer davantage avec le ministère pour atteindre une meilleure reddition des comptes, affirme-t-il, à condition que son institution conserve toute son indépendance et son autonomie.

«C’est une invitation à travailler plus étroitement avec le gouvernement provincial pour mieux définir les paramètres de notre financement», résume-t-il.

M. Couturier ne voudrait toutefois pas que le financement de l’université dépende de paramètres qui sont hors de son contrôle comme le taux de placement des diplômés dans un certain domaine.

«Il suffit d’un problème dans un secteur spécifique puis tout d’un coup c’est un défi.»