Votre panier d’épicerie coûtera plus cher en 2020

Le coût de la nourriture augmentera de 2 à 4% en 2020, annoncent les auteurs du 10e Rapport annuel sur les prix alimentaires canadiens.

Une famille canadienne moyenne déboursera 12 667$ en nourriture durant l’année, soit une augmentation de 487$ par rapport à 2019.

Les prévisions du rapport, publié conjointement par des chercheurs de l’Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse et de l’Université de Guelph, en Ontario, sont établies à l’aide de sources de données historiques, d’algorithmes d’apprentissage automatique et d’outils d’analyse développés au cours de nombreuses années.

On prévoit notamment que le prix de la viande augmentera de 4 à 6% alors que celui des légumes, des poissons et des fruits de mer bondira de 2 à 4%. Le coût des produits laitiers gonflera de 1 à 3% et celui des fruits de 1,5% à 3,5%. On anticipe que les produits de boulangerie seront les moins touchés, avec une hausse de 0 à 2%.

Les gens du Nouveau-Brunswick peuvent pousser un léger soupir de soulagement. L’augmentation prévue est inférieure à la moyenne nationale.

Plusieurs facteurs majeurs ont une incidence sur les prix des aliments, dont les changements climatiques.

«Alors que le secteur (agroalimentaire) se heurte à de nombreux problèmes liés au climat et doit gérer la croissance démographique mondiale, en plus de la demande accrue de produits alimentaires de meilleure qualité, la vraie question est de savoir comment cela peut être fait de manière durable. Nous nous attendons à ce que cette conversation s’approfondisse davantage en 2020», peut-on lire dans le rapport.

Impact et inquiétudes

Jean-Claude Basque, porte-parole du Front commun pour la justice sociale, est préoccupé par cette hausse, surtout étant donné que les familles canadiennes devront dépenser, en moyenne, 719$ de plus par rapport à 2018.

«Le coût des aliments augmente depuis trois ans. Les gens qui gagnent un salaire raisonnable, ça les affecte un peu moins que les gens à bas salaire, sur l’aide au revenu ou sur un salaire fixe, comme les personnes aînées. Automatiquement, ces augmentations ont un impact sur leur budget.»

Cette annonce survient seulement quelques semaines après un rapport de Banques alimentaires Canada, qui a constaté une augmentation de 7,9% de la fréquentation des banques alimentaires de la province en 2019.

Devant cette situation, le Front commun pour la justice sociale espère que le gouvernement provincial saisisse le ballon au bond et adopte de nouvelles politiques sociales en appui à la classe ouvrière.

«Le gouvernement provincial n’a pas un grand contrôle sur le prix des aliments, mais il a un contrôle sur le revenu des gens. Il peut augmenter le salaire minimum et mettre plus d’argent dans les poches des gens. Il peut aussi augmenter l’allocation donnée aux gens sur l’aide au revenu. Il n’y a pas eu d’augmentation depuis 2014.»

Simon Somogyi, de l’université de Guelph, arrive à un constat similaire.

«Au Canada, il y a déjà un ménage sur huit en situation d’insécurité alimentaire. Avec la croissance des salaires qui stagnent, les Canadiens ne gagnent pas plus d’argent, mais ils doivent toujours continuer à se nourrir.»

Les auteurs du rapport estiment qu’il existe des solutions pour atténuer les coûts de la nourriture à long terme. Pour y arriver, la politique alimentaire du Canada doit soutenir des stratégies visant à produire des fruits et légumes à longueur d’année, croit Sylvain Charlebois, directeur du laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire à l’université Dalhousie.

«Cela comprend des subventions pour l’agriculture en serre et à l’intérieur et des fonds pour la recherche et le développement d’espèces de plantes alimentaires qui poussent bien à l’intérieur.»