Mettre un frein aux achats des fêtes ou continuer à s’endetter?

Si les fêtes de fin d’années sont pour beaucoup de personnes l’occasion de célébrer en compagnie de leurs proches, nombreuses sont celles pour qui les dépenses liées à cette période de l’année entraînent un stress financier supplémentaire.

«C’est généralement une période heureuse, mais la course aux cadeaux peut s’avérer très stressante, notamment pour les couches de la société les plus vulnérables», souligne Lars Osberg, professeur au département d’économie de l’Université de Dalhousie.

Menée du 17 au 23 octobre, l’étude sur les dépenses des fêtes* de CPA Canada, l’ordre des comptables professionnels agréés du Canada, révélait d’ailleurs que 48% des Canadiens ressentent du stress supplémentaire lorsque vient le temps des fêtes.

«Les salaires restent les mêmes au fil des années, tandis que le coût de la vie, et donc inévitablement celui des cadeaux, est en perpétuelle augmentation, détaille-t-il. Dans bien des cas, les personnes contractent des dettes supplémentaires durant les fêtes pour faire plaisir et offrir des cadeaux de type smartphones à leurs proches, souvent chers et au-dessus de leurs moyens. Les classes moyennes et les plus bas salaires sont particulièrement affectés.»

Selon Statistique Canada, la dette moyenne d’un Canadien est d’environ 1,78 dollar pour chaque dollar de revenu annuel.

«C’est une moyenne très élevée, bien plus élevée que dans la plupart des pays, souligne Elizabeth Mulholland, chef de la direction de Prospérité Canada. Il faut cependant noter qu’au Nouveau-Brunswick, notamment à Moncton et à Saint-Jean, la dette des ménages est moins élevée que dans le reste du pays.»

À l’heure de faire les achats de Noël cette année, les Canadiens semblent d’ailleurs de manière générale moins enclins à s’endetter qu’auparavant. Une étude, cette fois-ci menée par Equifax Canada**, une agence fournissant des informations sur les bureaux de crédit, révèle en effet que 55% des sondés limiteront leurs dépenses liées aux cadeaux en 2019, estimant qu’ils sont déjà trop endettés.

«Ces résultats démontrent que plusieurs personnes sont durement touchées par l’endettement, et qu’elles envisagent de mettre un frein à leurs achats des fêtes cette année, commente Julie Kuzmic, directrice de la protection des consommateurs à Equifax Canada. Ce n’est pas une situation enthousiasmante, mais si l’on doit tirer du positif de cela, on peut remarquer qu’une majorité de personnes est consciente de ses obligations en matière de dettes.»

Le sondage de CPA va également en ce sens, en soulignant que les Canadiens projettent de dépenser environ 10% de moins que l’an passé pour les cadeaux.

«En moyenne, ils dépenseront 583$ cette année, souligne Anne Perrault, membre de CPA Canada. L’an passé, cette somme s’élevait à 643$.»

Établir un budget

56% des répondants de l’étude de CPA prévoient de se fixer une allocation de dépenses en prévision de décembre. Cette part s’élève à 58% pour le sondage d’Equifax Canada.

«Établir un budget à l’avance et s’y tenir, ça reste la manière la plus simple de ne pas stresser à l’approche des fêtes», assure Mme Perrault.

Également conseillère en littératie financière chez CPA, elle rappelle quelques astuces simples qui peuvent parfois aider à mieux appréhender cette période de l’année.

«Il faut se forcer à chercher un peu pour faire les bonnes trouvailles, et ne pas hésiter à comparer, précise-t-elle. Il faut rester vigilants avec les promotions, qui n’en sont parfois pas, car les vendeurs gonflent les prix. Enfin, pourquoi ne pas faire preuve d’imagination et de créativité, en offrant un cadeau fait main?»

L’étude de CPA Canada révèle d’ailleurs que près de la moitié des Canadiens envisagent d’offrir un cadeau non traditionnel, en offrant par exemple un repas de fête ou en y allant d’un geste attentionné et bienveillant.

*L’étude 2019 de CPA Canada sur les dépenses des fêtes a été réalisée entre le 17 et le 23 octobre 2019, par Nielsen, au moyen d’un questionnaire web auprès d’un échantillon aléatoire de 2010 adultes canadiens, de 18 ans ou plus, faisant partie du panel en ligne de la maison de sondage.

**L’étude d’Equifax Canada a été menée à l’aide d’un sondage en ligne qui a été complété par 1566 Canadiens entre le 20 et le 23 septembre 2019 à l’aide du panel en ligne Leger. La marge d’erreur pour cette étude était de + ou – 2,5 %, 19 fois sur 20.