Le N.-B. est très endetté; Énergie NB et les municipalités aussi

Le Nouveau-Brunswick pourrait avoir de la difficulté à réduire la taille de sa dette s’il ne s’y attaque pas sérieusement dès maintenant, prévient la vérificatrice générale.

La province ne possède aucune cible pluriannuelle pour réduire sa dette nette, déplore Kim MacPherson dans son plus récent rapport.

Elle encourage Fredericton à s’atteler à la tâche le plus rapidement possible.

Même si la province n’a pas eu recours à l’encre rouge depuis deux ans, les déficits accumulés au cours de la dernière décennie continuent de peser lourdement, prévient Mme MacPherson.

Depuis 2010, la dette nette du Nouveau-Brunswick a grimpé de 5,5 milliards $ pour atteindre 14 milliards $ en mars 2019.

Fredericton est aux prises avec la dette nette par habitant la plus élevée parmi les provinces canadiennes comparables avec 18 100$ par personne.

À 37,4% en 2019, le Nouveau-Brunswick possède aussi la dette nette la plus importante dans sa catégorie en pourcentage du produit intérieur brut.

La situation est d’autant plus inquiétante puisque la capacité de la province de réduire sa dette est «difficile en raison du vieillissement de la population, du taux de chômage plus élevé que la moyenne nationale et de la faible croissance économique», indique la vérificatrice générale.

Cette dette pourrait un jour empêcher le Nouveau-Brunswick «de fournir le même niveau de programmes et de services comme les soins de santé, l’éducation et les routes», prévient-elle.

«Une demande encore plus élevée pèsera sur les générations futures pour payer les charges passées.»

En campagne électorale, le Parti progressiste-conservateur avait promis de réduire le déficit, puis la dette, d’au moins 125 millions $ chaque année.

En 2018-2019, le gouvernement de Blaine Higgs a réussi à transformer le déficit anticipé par le précédent gouvernement de 189 millions $ en un surplus de 73 millions $. Il s’agit d’une amélioration de 262 millions $.

Kim MacPherson accorde toutefois peu de crédit aux progressistes-conservateurs pour ce bilan positif.

«Ce résultat s’explique principalement par une hausse des recettes fiscales et des transferts du gouvernement fédéral», confie-t-elle.

Selon la mise à jour financière du 2e trimestre, la dette nette de la province devrait diminuer de 135,9 millions $ à la fin de l’exercice financier 2019-2020.

L’an dernier, la dette nette a augmenté de 33 millions $ malgré un excédent budgétaire en raison des autres éléments qui entre en ligne de compte dans le calcul de la dette.

Même si Fredericton a enregistré deux surplus budgétaires consécutifs, les dépenses de la province continuent de croître, souligne Mme MacPherson.

«À notre avis, pour que la province améliore sensiblement sa situation financière, elle devra trouver une façon de freiner ses dépenses, chercher une façon d’augmenter ses revenus ou une combinaison des deux à l’avenir.»

Il n’y a pas que la dette nette du Nouveau-Brunswick qui inquiète la vérificatrice générale. La dette d’Énergie NB et la dette des gouvernements locaux sont également préoccupantes.

La dette de la société de la Couronne est 4,6 milliards $ alors que celle des villes et des villages est de 950 millions $.

«Énergie NB emprunte directement de la province et la dette des gouvernements locaux est garantie par la province», prévient Kim MacPherson.

«Cela signifie que s’ils manquaient à leurs obligations de remboursement, la province serait tenue de rembourser la dette.»

La dette des gouvernements locaux est à un «sommet historique», selon la vérificatrice générale. Les municipalités avec les emprunts les plus importants sont Saint-Jean (230 millions $), Moncton (188 millions $) et Dieppe (77 millions $).

La Ville d’Edmundston remporte cependant la palme de la plus importante dette par habitant (4066$) devant Saint-Jean (3405$) et Dieppe (3029$).

La dette élevée d’Edmundston s’explique par les emprunts pour son service d’électricité, selon Mme MacPherson.