Tuerie à la Polytechnique: vigile émouvante à Moncton

L’émotion était au rendez-vous lors de la commémoration du 30e anniversaire de l’attentat antiféministe de l’École Polytechnique de Montréal. Devant la Faculté d’ingénierie de l’Université de Moncton, un faisceau lumineux a éclairé le ciel de la ville, vendredi soir, afin d’honorer la mémoire des victimes.

Une cinquantaine de personnes ont assisté à la cérémonie commémorant les 14 victimes du féminicide survenu le 6 décembre 1989.

L’École polytechnique a voulu leur rendre un hommage national cette année. Quatorze universités à travers le pays, incluant l’Université de Moncton, ont projeté un faisceau lumineux dans le ciel.

Chacun des jets de lumière représentait la mémoire d’une des 14 femmes tuées par un tireur fou.

Lyne Chantal Boudreau, présidente du Comité permanent de la situation féminine du campus de Moncton de l’U de M, a livré un discours rappelant que cette tuerie était avant tout un acte antiféministe.

«Ce soir, nous sommes réunis ici, pour nous souvenir de toutes ces femmes qui sont décédées parce qu’elles étaient des femmes», a-t-elle rappelé.

Alors qu’un projecteur argenté opérait sa magie dans le ciel étoilé, tous et toutes ont regardé sur de grands écrans, la cérémonie officielle diffusée en direct de l’École polytechnique de Montréal.

En plus de rappeler que les victimes ne sont pas mortes en vain, cette journée vise à souligner les efforts de prévention et de lutte contre la violence faite aux femmes.

Le 6 décembre est d’ailleurs devenu la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes.

«Nous nous rappelons toutes ces femmes qui ont été tuées par un conjoint violent. Nous devons faire plus pour enrayer cette violence», a lancé Mme Boudreau.

Elle a aussi glissé un mot à propos du manque de services au Nouveau-Brunswick pour prévenir et contrer cette forme de violence.

Joyce Nahri, étudiante de quatrième année en génie civil à l’Université de Moncton, croit que malgré la sensibilisation, il a encore du chemin à parcourir.

Joyce Nahri, étudiante de quatrième année en génie civil à l’Université de Moncton, croit que malgré le cheminement qui s’est opéré, il a encore du chemin à faire.

«Il y a des progrès qui ont été faits chez mes collègues masculins. Je vous invite à changer les choses dans notre société. Il y a encore trop de violence à l’égard des femmes.»

Elle a rappelé qu’il y a 77 femmes qui étudient à la Faculté d’ingénierie de l’Université de Moncton.

Elle a parlé avec beaucoup de passion de son domaine d’étude. Mme Nahri semble optimiste pour l’avenir de sa profession.

«Je suis consciente que ça va continuer à progresser.»

«Toutes les personnes qui rêvent d’étudier dans un domaine: réalisez vos rêves, pensez toujours à ces victimes-là qui n’ont jamais pu réaliser leurs rêves.»