Clinique 554: Jagmeet Singh exhorte le gouvernement fédéral à intervenir

Le chef du Nouveau Parti démocratique du Canada, Jagmeet Singh, exhorte le gouvernement fédéral à intervenir afin de maintenir ouverte la Clinique 554, à Fredericton.

Jagmeet Singh était de passage dans la capitale provinciale samedi pour réitérer son appui envers la seule clinique à offrir des services d’avortement en milieu non hospitalier de la province. La fermeture imminente de la Clinique 554 a été annoncée au début octobre. Elle est aux prises de difficultés financières, en raison du refus du gouvernement Higgs de financer les avortements réalisés à l’extérieur des hôpitaux de la province.

Aucune date butoir n’a encore été annoncée pour la fermeture. La Loi sur la santé impose au propriétaire de l’établissement d’avertir ses patients 90 jours à l’avance. Cette procédure sera lancée lorsqu’un acheteur signera l’acte de vente, a récemment annoncé les dirigeants de la clinique.

Seuls les deux hôpitaux de Moncton et celui de Bathurst pratiquent des avortements couverts par l’assurance-maladie. La clinique de Fredericton est la seule à pratique la procédure après 14 semaines de grossesse.

«Mon but est de sauver cette clinique. C’est la seule clinique qui donne les services d’avortement hors d’un hôpital. Pour plusieurs personnes, c’est le seul endroit où ces services sont accessibles. Sans cette clinique, les gens ont besoin de voyager pour recevoir les services. J’ai discuté avec une jeune femme et elle m’a dit que ç’a été très difficile pour elle, car elle a dû se réveiller à 4h du matin et voyager 3 heures pour subir une intervention qui n’est déjà pas facile. Pour moi c’est un problème, je crois fermement dans le droit dans l’accès à l’avortement, mais si ce n’est pas accessible, ça n’a aucune signifiance», a expliqué Jagmeet Singh.

Même si la santé demeure une responsabilité provinciale, le chef néodémocrate estime que le gouvernement fédéral peut se servir de la Loi fédérale sur la santé pour forcer la main du gouvernement Higgs et garder la Clinique 554 en vie. Cette loi permet à Ottawa de retenir du financement en santé versé aux provinces, si la province en question ne respecte pas certaines normes.

«Dans le passé, des provinces ont brisé des lois et le gouvernement fédéral a utilisé des outils pour pousser les provinces à changer d’avis.»

«Je veux que le gouvernement fédéral pousse le gouvernement du Nouveau-Brunswick à faire ce qu’il faut pour financer cette clinique.»

Visite à Bathurst

Le chef néo-démocrate a aussi profité de son séjour au Nouveau-Brunswick pour visiter la circonscription d’Acadie-Bathurst. Il a rencontré une cinquantaine de partisans en fin d’après-midi dans un café au centre-ville de Bathurst. M. Singh était accompagné d’Yvon Godin, député du NPD dans Acadie-Bathurst de 1997 à 2015.

«Je suis venu à Bathurst, d’abord, car Yvon Godin est un bon ami et c’est une circonscription où nous avons eu beaucoup d’appuis dans le passé. C’est aussi une région qui a été frappée par des décisions difficiles, comme la fermeture récente de la fonderie à Belledune. Des emplois ont été perdus et nous souhaitons parler du développement économique et des façons dont nous pouvons créer des nouveaux emplois dans la région.»

Selon M. Singh, plusieurs citoyens ont voulu lui parler d’enjeux cruciaux comme l’économie, l’environnement et la santé.

Connor Morrison, âgé de 20 ans, a profité de la visite pour demander à M. Singh ce qu’il entendait faire pour s’attaquer aux problèmes liés à la dépendance aux drogues, comme le fentanyl.

«Je veux lui parler du problème de la drogue au Canada et plus particulièrement dans notre région. Je veux savoir ce qu’il veut faire. La lutte contre la drogue a été un échec jusqu’à maintenant. En tant que jeune de la région, c’est plate de voir des amis qui prennent le mauvais chemin. Certains d’entre eux ne sont jamais revenus. C’est un vrai problème.»

À ce sujet, Jagmeet Singh promet que le NPD miserait sur la réhabilitation plutôt que la criminalisation des toxicomanes.

«Pour les gens avec des dépendances, il faut gérer ça comme un problème de santé et non un problème criminel nécessairement. Je veux augmenter les services de réhabilitation afin de s’attaquer aux dépendances.»