Bathurst se retire du projet des éoliennes d’Anse-Bleue

L’entreprise Naveco Power devra trouver un nouveau partenaire pour financer le projet éolien Chaleur Ventus. Les élus municipaux de Bathurst ont voté unanimement, lundi soir, en faveur de retirer leur demande de financement.

La Ville de Bathurst avait demandé 20,4 millions $ au gouvernement provincial afin de construire cinq tours sur les terres d’Anse-Bleue.

Cette demande sera officiellement retirée en communiquant avec la Commission des emprunts de capitaux par les municipalités.

Le maire de Bathurst, Paolo Fongemie, explique que le projet n’était plus financièrement avantageux pour sa municipalité. Les prévisions auraient changé, mais ce dernier n’a pas voulu partager plus de détails.

«L’opposition n’a eu aucune influence sur la décision prise par la Ville de Bathurst», a-t-il cependant affirmé.

M. Fongémie et ses élus assurent qu’ils ont opté de faire pas arrière «dans l’intérêt des citoyens de Bathurst.»

«La bataille est gagnée, mais la guerre n’est pas finie»

Les gens d’Anse-Bleue présents à la réunion de Bathurst, lundi, ne baissent pas la garde.

«Nous sommes extrêmement satisfaits que Bathurst se retire. Les raisons qui ont été évoquées ne nous importent peu», a partagé Martin Dionne.

«Maintenant, Naveco va certainement se chercher un autre partenaire, donc ce n’est pas encore gagné.»

À ses cotées, Patrick Thériault applaudit aussi le retrait de la Ville de Bathurst.

«Le fait qu’on n’accorde aucune importance à l’acceptabilité sociale du projet m’insulte vraiment! Sinon, le reste c’est que du positif ce soir. Je suis vraiment content de ce qui vient de se passer.»

M. Thériault soulève que si le parc éolien n’est pas profitable pour Bathurst, il ne le sera probablement pas pour personne.

Ginette Bertin, représentante du DSL, met en doute les motivations «purement financières» évoquées par le maire.

«Personnellement, moi je ne le crois pas. Je suis sûr que notre présence, il y a quelques semaines, à la réunion a eu une grosse influence.»

Le 18 novembre, plusieurs dizaines de citoyens d’Anse-Bleue et des villages voisins s’étaient déplacés pour manifester devant l’hôtel de ville à Bathurst.

«La bataille vient d’être gagnée contre Bathurst, mais pas la guerre », a ajouté Gina Girard, elle aussi militante de longue date contre le projet d’éoliennes.

Messages aux prochains partenaires

Le maire de Bathurst est convaincu que les éoliennes verront le jour à Anse-Bleue, d’une manière ou d’une autre.

«Ce ne sera pas avec la ville de Bathurst, mais il faut comprendre que Naveco a soumis trois projets et que Bathurst en était qu’un. Il y a encore trois partenaires potentiels qui pourraient poursuivre le projet.»

Les résidents d’Anse-Bleue en sont, eux aussi, bien conscients.

Ils avaient un message «bien clair» à transmettre aux prochains bailleurs de fonds.

«N’importe quelle ville qui fait des démarches pour s’impliquer dans ce projet-là, et bien c’est une attaque envers notre communauté qui ne sera vraiment pas bienvenue», a souligné M. Thériault.

«Nous ne prendrons pas ça à la légère, nous allons continuer à contre-attaquer.»

Dans un communiqué de presse envoyé lundi soir par Naveco Power, l’entreprise a confirmé qu’elle irait bel et bien de l’avant.

«Naveco est la seule entreprise du Nouveau-Brunswick à développer des projets à grande échelle pour faire de notre province un meilleur endroit pour y vivre. L’abandon de Bathurst donne l’occasion à d’autres partenaires locaux et membres de la communauté d’investir localement dans le projet», a avancé Amit Virmani, le fondateur et PDG.