Quel rôle jouera le défenseur en santé mentale?

La création d’un poste de défenseur en santé mentale a été acceptée par l’Assemblée législative au début du mois, mais il reste encore plusieurs détails à régler.

Le député libéral de Moncton-Centre, Rob McKee, a appuyé la motion présentée par sa collègue Monique LeBlanc, députée de Moncton-Est.

Au départ, il était question de créer un poste de haut fonctionnaire responsable des questions de santé mentale. Cette proposition a été refusée par le gouvernement.

La motion a alors été amendée pour créer un poste de défenseur en santé mentale, un «compromis» pour obtenir l’approbation des autres députés, selon M. McKee.

Ce dernier estime qu’il s’agit d’un pas dans la bonne direction, mais que ce n’est pas le résultat idéal.

«Un haut fonctionnaire, c’est quelqu’un qui répond directement à l’Assemblée législative et qui serait indépendant du ministère de la Santé ou du Développement social, par exemple.»

D’après lui, l’indépendance du défenseur pourrait être importante dans l’exercice de ses fonctions – des fonctions qui n’ont pas encore été clairement établies.

Il estime que le défenseur devrait avoir la responsabilité de protéger les intérêts de ceux qui souffrent de problèmes de santé mentale, de recevoir des plaintes et de formuler des recommandations.

«Il y a toujours des inquiétudes. Si c’est quelqu’un qui répond au ministre de la Santé, il n’aura pas cette indépendance d’enquêter ou de donner des recommandations qui iraient à l’encontre du ministère qui l’emploie.»

Paul Ouellet, citoyen et militant pour les soins de santé mentale, estime qu’il est possible que le défenseur en santé mentale sera moins efficace que prévu si le poste n’est pas indépendant.

«Il y a cette possibilité là, et c’est quelque chose qu’il va falloir surveiller de très près, mais c’est un pas dans la bonne direction.»

Il a l’intention de s’assurer que suffisamment de ressources seront dédiées à ce poste dans le prochain budget du gouvernement, au début 2020.

«Je veux que ça soit un poste qui soit totalement indépendant, et j’aurais préféré que le responsable se rapporte directement à l’Assemblée législative. De cette façon-là, on aurait plus de comptes rendus de son travail», croit-il.