Bathurst: la démolition d’un presbytère fait des mécontents

Mardi matin, les démolisseurs se sont attaqués au presbytère de l’église chrétienne Sainte-Famille, sur l’avenue St-Pierre à Bathurst. Avant la fin de journée, l’édifice était au sol.

La démolition du bâtiment de brique datant de 1945 en a fâché plus d’un.

Michelle Basque, une citoyenne de Bathurst qui habite à quelque pas de l’ancien presbytère, a soulevé que l’édifice, qui comprenait des chambres à coucher, un bureau, une salle de bain, une cuisine et un salon aurait très bien pu servir de refuge pour les familles en difficulté ou les sans-abris.

«On dirait qu’ici on pense toujours à démolir avant tout. Ça ne me rend pas fière de dire que je viens de Bathurst», a-t-elle exprimé.

Mme Basque fait aussi remarquer qu’il n’existe aucune auberge de jeunesse pour les voyageurs à sac à dos qui traversent la région Chaleur et que l’édifice aurait pu être adapté pour eux.

Finalement, elle critique le diocèse pour son manque de transparence.

Passionné d’histoire, la dame de Bathurst indique qu’elle aurait bien aimé récupérer des parcelles du presbytère avant qu’il soit détruit.

Il y a environ deux mois, James Risdon, un paroissien de longue date, avait aussi écrit au journal pour faire part de son opposition.

«Cela est probablement une des pires décisions que le diocèse de Bathurst pourrait prendre», avait-il indiqué au sujet de la destruction éventuelle du bâtiment.

«La structure aurait pu servir de logement abordable. Près de l’église afin de nourrir les besoins spirituels des gens et des supermarchés pour leurs besoins nutritionnels (…).

En pensant au sort du presbytère, mardi après-midi, M. Risdon mentionne avoir «le coeur déchiré».

D’autres ont même qualifié la démolition de «péché».

En mode survie 

Darlene Labonville, membre du comité de gestion de la paroisse, explique que le presbytère a été abandonné afin d’économiser les coûts d’entretien.

Le bâtiment était vacant depuis plus d’un an, relève-t-elle.

«Les paroissiens savaient que nous n’avions pas les moyens de financer un bâtiment vide, a-t-elle avancé. Ce n’est pas une surprise.»

Mme Labonville note que ceux-ci ont été avisés de la démolition lors d’une assemblée générale.

Une étude aurait aussi démontré que la structure du presbytère était fragile et que l’intérieur des murs était recouvert de moisissures.

«Les rénovations étaient trop nombreuses pour même être envisagées», a exprimé Mme Labonville.

«La paroisse, c’est comme une compagnie. Il fallait réduire nos dépenses et c’est ce qu’on a fait.»

La gestionnaire rappelle qu’accueillir des sans-abris ou des voyageurs auraient encore exigé des frais d’entretien.

Le comité de gestion maintient que le bâtiment n’aurait pas non plus pu être vendu à cause des «politiques et procédures» du diocèse.

«Le presbytère se situait sur la propriété de l’église, donc nous étions restreints sur ce que nous pouvions mettre là», a souligné Mme Labonville.

Elle reconnaît que la perte d’une maison curiale est toujours un moment difficile pour la communauté chrétienne, mais assure que cette décision était la bonne pour la paroisse Sainte-Famille.

«Je crois que c’est plus important de sauver l’église que de sauver un bâtiment qui ne sert à rien.»

Pour l’instant, l’église Sainte-Famille partage un presbytère au centre-ville de Bathurst avec d’autres paroisses de la région.