Ottawa valide la taxe carbone proposée par le Nouveau-Brunswick

Ottawa donne le feu vert au plan du Nouveau-Brunswick pour taxer les émissions de carbone des consommateurs. La tarification fédérale sera remplacée par une taxe provinciale dès le 1er avril 2020.

Le gouvernement canadien a déterminé que la proposition du gouvernement Higgs répond aux exigences fédérales en matière de tarification du carbone.

Ottawa suspendra donc la tarification fédérale des combustibles comme l’essence au Nouveau-Brunswick à la fin de l’année financière en cours, a annoncé mercredi le ministre canadien de l’Environnement et du Changement climatique, Jonathan Wilkinson.

«Nous félicitons le gouvernement du Nouveau-Brunswick pour sa décision d’aller de l’avant en se dotant d’une tarification efficace de la pollution par le carbone causée par les combustibles dans toute son économie», a déclaré M. Wilkinson.

Le Nouveau-Brunswick faisait partie jusqu’ici du club restreint des provinces sous tarification fédérale en raison de l’absence ou de la faiblesse de leur propre plan. La tarification fédérale est  aussi en vigueur en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba et en Ontario.

«Nous sommes heureux d’avoir notre propre système au Nouveau-Brunswick qui tient compte de notre situation particulière», a déclaré le ministre provincial de l’Environnement et des Gouvernements locaux, Jeff Carr.

Le plan néo-brunswickois, fortement inspiré par l’Île-du-Prince-Édouard, pourrait faire baisser les prix à la pompe pour les automobilistes. La taille de cette diminution et sa durée ne sont cependant pas encore claires.

Afin de respecter les critères fédéraux, la tarification provinciale devra être d’au moins 30$ la tonne en 2020 et augmenter de 10$ chaque année jusqu’en 2022.

L’entrée en vigueur de la taxe provinciale signifie la fin du rabais d’impôt fédéral versé à chaque famille néo-brunswickoise à partir des revenus de la tarification fédérale.

Selon Ottawa, une famille de quatre personnes au Nouveau-Brunswick a reçu 256$ l’an dernier en guise de remboursement de la taxe fédérale sur le carbone.

La province pourra décider elle-même de la façon dont elle dépensera les revenus de sa propre taxe sur le carbone.

Jeff Carr a laissé entendre mercredi que Fredericton utilisera probablement cet argent pour lutter contre les changements climatiques plutôt que de la retourner directement aux contribuables.

«Nous serons maintenant en mesure de débloquer cet argent et de l’affecter à notre fonds pour les changements climatiques pour répondre aux besoins en matière d’infrastructure verte, de technologie verte et d’atténuation des inondations», a-t-il dit.

Le chef du Parti vert, David Coon, juge cette approche «plus efficace» que l’option de retourner les revenus de la taxe directement aux contribuables comme le fait Ottawa.

«L’impact positif de la tarification sur le carbone, ce n’est pas ce petit coût (pour les consommateurs). C’est plutôt les effets de l’utilisation de ces revenus pour aider les familles et les petites entreprises à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.»

Cet argent pourrait notamment servir à financer des rénovations écoénergétiques des résidences et des entreprises ou la transformation de la flotte des compagnies de taxi en voiture électrique, soutient M. Coon.

Le député libéral Roger Melanson espère lui aussi que cet argent servira à financer la lutte au réchauffement de la planète.

«Ça nous prend des investissements dans la recherche et le développement et dans l’innovation. Ça prendrait aussi des rabais pour que les gens puissent acheter des véhicules électriques.»

«Comment ces dollars seront-ils utilisés? Ce n’est toujours pas clair.»

Le Nouveau-Brunswick attend toujours la décision d’Ottawa concernant la seconde partie de son plan sur la tarification du carbone. Fredericton veut remplacer la taxe fédérale sur les grands émetteurs industriels par son propre système.

«Nous attendons patiemment (une réponse) au sujet de notre proposition pour les grands émetteurs. Certaines grandes industries nous ont dit qu’elles sont inquiètes pour l’avenir concernant ce qu’elles devront payer», a confié le ministre Carr.

Environnement et Changement climatique Canada n’a pas précisé quand la décision sera prise.

Le plan néo-brunswickois sur la tarification des grands émetteurs «est en cours d’examen», selon le communiqué de presse publié mercredi.