Le Centre d’excellence en santé mentale pour jeunes transféré de Campbellton à Moncton

Le Centre d’excellence en santé mentale pour les jeunes aura pignon sur rue à Moncton plutôt qu’à Campbellton.

Le ministre de la Santé, Ted Flemming, en a fait l’annonce, jeudi, à Fredericton.

«La relocalisation du centre à Moncton permettra d’accroître l’accès aux ressources nécessaires pour mieux répondre aux besoins des jeunes aux prises avec des problèmes de santé mentale et de dépendances», a-t-il déclaré.

Le bâtiment  en construction à Campbellton qui devait accueillir le centre d’excellence abritera plutôt le programme de traitement des dépendances en établissement qui existe déjà à Campbellton et qui passera de 18 à 24 lits.

L’établissement de Campbellton sera prêt en 2020-2021 grâce à un investissement de 10 millions $.

«Je considère qu’il s’agit d’une situation gagnant-gagnant pour tout le monde», a affirmé M. Flemming.

Le ministre n’était pas en mesure de préciser quand le centre d’excellence ouvrira ses portes à Moncton.

L’unité temporaire de soins en santé mentale pour jeunes située dans le Centre hospitalier Restigouche continuera ses activités jusqu’à l’ouverture du centre à Moncton, a indiqué Ted Flemming.

L’ancien ombud et défenseur des enfants et de la jeunesse du Nouveau-Brunswick, Bernard Richard, participera au processus pour trouver un endroit pour héberger le centre à Moncton.

M. Richard fait partie des experts qui ont manifesté leurs inquiétudes quant à l’idée de créer ce centre à Campbellton plutôt qu’à Moncton.

L’ombu, Charles Murray, et le défenseur des enfants et de la jeunesse, Norman Bossé, partagent notamment l’opinion de Bernard Richard.

La construction du centre d’excellence avait été suspendue en mars après la publication d’un rapport de l’ombud sur la piètre qualité des soins à l’hôpital psychiatrique avoisinant le nouvel établissement.

D’après M. Murray, les énormes problèmes de recrutement et de rétention au Centre hospitalier Restigouche auraient pu avoir des effets néfastes sur le centre d’excellence.

À la demande du gouvernement, le bureau du défenseur des enfants et de la jeunesse a effectué une évaluation des répercussions de l’emplacement sur centre sur les droits des enfants.

M. Bossé a recommandé au gouvernement d’«abandonner les plans» de Campbellton et déménager le centre à Moncton.

Le ministre de la Santé, Ted Flemming. Photo: Mathieu Roy-Comeau.

Selon le ministre de la Santé, les experts s’entendent pour dire que le centre d’excellence devrait être situé en milieu urbain, à proximité des chercheurs et d’autres services pour la jeunesse.

À son avis, le précédent gouvernement avait choisi de construire malgré tout le centre à Campbellton pour des raisons politiques.

«Nous allons faire les choses comme elles auraient dû être faites dès le départ (…) nous écoutons les experts», a assuré M. Flemming.

Les députés libéraux du Restigouche n’ont pas caché leur colère devant la décision du ministre Flemming.

Gilles LePage et Guy Arseneault accusent  le gouvernement progressiste-conservateur d’abandonner le nord du Nouveau-Brunswick et les régions rurales au profit des grands centres du Sud.

«On a des centres pour le cancer à Moncton. À Saint-Jean, c’est le centre de cardiologie et là il allait y avoir un centre dans le Nord. C’était logique. C’était pour répartir la richesse provincialement», affirme M. LePage.

L’expert embauché par le ministère de la Santé afin d’évaluer la situation sur le terrain à Campbellton après la publication du rapport de Charles Murray voyait plutôt la création du centre d’excellence dans la région d’un bon oeil, rappelle quant à lui M. Arseneault.

Dans son rapport présenté en mai, George Weber affirme que «les plans du centre d’excellence sont raisonnables et que les besoins actuels et futurs en dotation sont, à bien des égards, en bonne santé à ce stade.»

Le chef du Parti vert, David Coon, appuie le changement de Campbellton vers Moncton.

«C’est une bonne décision pour les jeunes du Nouveau-Brunswick d’avoir le centre à Moncton parce qu’il y a plusieurs médecins spécialistes qui travaillent à Moncton et c’est plus près pour la plupart de la population.»