Bernard Lord songe à se porter candidat à la succession d’Andrew Scheer 

Bernard Lord est plus courtisé que jamais depuis jeudi. Dans les rangs conservateurs, beaucoup voient en lui le remplaçant idéal à Andrew Scheer. L’ancien premier ministre néo-brunswickois est en réflexion, mais n’a pas encore annoncé publiquement son intention de participer à la course à la chefferie du parti.

Après s’être accroché à son poste près de deux mois après sa défaite électorale, le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, a surpris tout le monde en jetant l’éponge jeudi. Il assumera l’intérim à la direction du parti jusqu’à l’élection du nouveau chef. L’heure est désormais aux spéculations quant à l’identité de son successeur.

Dans les cercles conservateurs, le nom de Bernard Lord circulait déjà depuis le soir des élections d’octobre. Désormais, l’actuel chef de la direction de Medavie est sollicité de toutes parts.

Selon La Presse, plusieurs conservateurs influents d’un bout à l’autre du pays s’activent déjà pour organiser sa campagne. On voit en lui un décideur bilingue et modéré capable d’unir les nationalistes du Québec, les conservateurs de l’Ouest et les tories de l’Ontario. Son entourage l’encouragerait également à se lancer dans la course.

Sauf que l’ancien politicien, reconverti dans le secteur privé depuis une douzaine d’années, a déjà refusé une telle offre à quatre reprises par le passé, soit en 2002, 2003, 2010 et 2015.

Bernard Lord ne serait pas pour autant fermé à l’idée. Daniel Allain, conseiller municipal à la Ville de Dieppe, l’assure. Ce dernier a été adjoint principal dans le cabinet Lord et demeure proche de l’ancien premier ministre.

«Je lui ai parlé hier, je peux dire qu’il est intéressé, mais il n’a pris aucune décision. Il reçoit des appels de partout au pays. Beaucoup de gens se tournent vers lui», confie-t-il.

«Il le considère, il y songe. Est-ce que Bernard et sa famille sont prêts à faire ce sacrifice? J’espère qu’on verra dans les prochains jours quelle direction il va prendre. Je crois que ce serait la bonne décision, mais c’est un choix personnel. Il doit en parler avec ses proches et son employeur et prendre la meilleure décision pour lui-même.»

L’Acadie Nouvelle a contacté le directeur des communications de Medavie qui a indiqué que le dirigeant de la société d’assurance ne donnera pas d’entrevue à ce sujet. Une source citée par Radio-Canada Acadie avance que Bernard Lord précisera ses intentions au cours de la fin de semaine.

De l’enthousiasme parmi les progressistes-conservateurs

Plusieurs poids lourds chez les progressistes-conservateurs néo-brunswickois ont déjà fait de l’ancien premier ministre leur champion.

Daniel Allain croit que M. Lord a tous les atouts pour réussir un tel pari.

«Bernard serait un excellent candidat pour le pays. C’est un individu rassembleur, il connaît ses dossiers, il pourrait apporter ses habiletés, sa vision pour le Canada», avance-t-il.

Selon lui, le Néo-Brunswickois âgé de 54 ans est à même de mener le repositionnement politique dont le parti conservateur a besoin.

«Il gouverne au centre. Il a dit maintes fois qu’il était un conservateur sur le plan fiscal et progressiste sur le plan social. Le parti a besoin d’envoyer le message qu’il représente tous les Canadiens.»

Le ministre provincial Trevor Holder, qui fut nommé ministre de l’Environnement et des Gouvernements locaux par Bernard Lord en 2005, s’est lui aussi rallié derrière son ancien chef.

«Je serai très favorable à le voir se porter candidat, lance-t-il. Je le soutiendrai s’il décide de se présenter pour la direction du parti. J’ai essayé de l’appeler, je n’ai pas pu le joindre, mais je vais continuer d’essayer pour lui dire que c’est quelque chose qu’il devrait considérer.»

Le député Bruce Fitch, ancien ministre de l’Énergie sous le gouvernement Lord, vante quant à lui son «expérience», son «éthique de travail» et sa maîtrise des deux langues officielles.

Si M. Lord se lance dans la course à la direction, il pourrait bien faire face à beaucoup de concurrence.

D’autres prétendants solides ont émergé au cours des dernières heures. Parmi eux se trouve le Néo-Écossais Peter MacKay, qui a été ministre des Affaires étrangères sous Stephen Harper, après avoir lui-même été chef des progressistes-conservateurs. Le nom de Rona Ambrose, ancienne ministre sous Stephen Harper (Environnement, Santé, Travail et Affaires intergouvernementales) devenue cheffe intérimaire du Parti conservateur après le départ de l’ancien premier ministre, revient souvent également.

La dernière course à la chefferie de la formation politique a été disputée par pas moins de 16 candidats. On ignore pour le moment quand aura lieu l’élection. C’est au Conseil national du Parti conservateur du Canada que reviendra la tâche d’organiser les procédures et de définir le calendrier.